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Discours de Sarkozy: "vocabulaire excessif" qui "attaque les personnes" pour Juppé

Nicolas Sarkozy et Alain Juppé, samedi, lors du congrès fondateur des Républicains.

Nicolas Sarkozy et Alain Juppé, samedi, lors du congrès fondateur des Républicains. - Charly Triballeau - AFP

Les attaques ad hominem lancées samedi à la tribune du congrès fondateur des Républicains par Nicolas Sarkozy n'auront, pas davantage que les huées des militants, plu à Alain Juppé. L'ex-Premier ministre rappelle, s'il en était besoin, qu'il ne participera pas à un primaire pour 2017, si celle-ci n'est pas ouverte au centre.

La trêve aura été de courte durée. L'ancien Premier ministre Alain Juppé, candidat à la primaire à droite pour l'élection présidentielle de 2017, n'utiliserait pas le même "vocabulaire excessif" qui "attaque les personnes", après le discours très offensif de Nicolas Sarkozy lors du congrès des Républicains (ex-UMP). 

Invité, lors du "Grand rendez-vous Europe 1/iTELE/Le Monde", à commenter un passage du très offensif discours de Nicolas Sarkozy dans lequel il a parlé de la "terrifiante médiocrité" de François Hollande, Alain Juppé a répondu: "ce n'est pas ce que j'ai dit. Chacun s'exprime comme il s'entend. J'ai dit que j'étais un homme de droite ouvert et pas sectaire. Un certain vocabulaire qui fait un peu trop monter la pression, qui attaque les personnes, c'est pas mon genre de beauté".

Quand Juppé fait rimer "militantisme" avec "sectarisme"

"Je n'ai aucune espèce de pudeur à combattre le pouvoir actuel car je pense que c'est la politique menée depuis 2012 qui nous a mis dans le marasme dans lequel nous sommes aujourd'hui, mais ce n'est pas pour autant que j'utilise un vocabulaire qui n'est pas le mien", a insisté le maire de Bordeaux. Samedi, "la tonalité de certains discours m'a paru un peu vigoureuse, un peu excessive", a insisté Alain Juppé. Mais "quand le gouvernement, par exemple, explique que nous avons saccagé l'Éducation nationale, ce n'est pas non plus un exemple d'ouverture d'esprit extraordinaire", a-t-il dit.

Interrogé sur les sifflets qui ont une nouvelle fois accompagné son arrivée à la tribune, Alain Juppé a répondu: "Je connais bien les militants. (...) Le militantisme a ses vertus. Il a aussi ses risques, le risque du sectarisme, le risque du refus de l'autre. Le risque de l'enfermement est un risque fort. Il y a toujours chez les militants quelques hystériques".

Plaidoyer pour une ouverture au centre

"Je ne suis pas le seul dans le parti à dire qu'il faut s'ouvrir. L'ADN de l'UMP c'est l'union de la droite et du centre. Je n'ai pas observé que Les Républicains avaient renoncé à cet ADN. Si c'était le cas, je pense que ce serait tout à fait dangereux pour l'avenir". "Nicolas Sarkozy a le parti. Moi, pour l'instant j'ai l'opinion, et j'organise ma petite PME. Parfois il arrive que des PME performantes soient plus efficaces que des grandes entreprises du Cac 40", a également déclaré Alain Juppé.

L'ancien Premier ministre a aussi de nouveau affirmé qu'il ne participerait pas à la primaire en vue de 2017 si celle-ci n'était pas ouverte au centre, ce qui n'est "pas gagné" selon lui. "Je vais gagner la primaire. Je vais tout faire pour ça. (...) Je suis déterminé à gagner, je vois bien que les idées que je défends ont un écho important dans l'opinion publique".

D. N. avec AFP