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Congrès des Républicains: Juppé et Fillon copieusement hués

L'ancien Premier a été froidement accueilli par une partie des militants lors du congrès fondateur du parti des Républicains. Le député de Paris a lui su retourner la salle au fur et à mesure de son discours.

Renouveau, reconstruction, renaissance. Ces mots, chaque ténor du parti des Républicains, dont le congrès fondateur se tenait samedi à porte de la Villette à Paris, les a prononcé. Le temps se voulait à l'apaisement, au rassemblement ou encore à l'unité mais il a viré à l'orage pour Alain Juppé et François Fillon.

Au total, soixante cadres du parti se sont succédé depuis la matinée sur la scène du Paris Event Center. Large ovation pour Nathalie Kosciusko-Morizet, Laurent Wauquiez ou encore Jean-Pierre Raffarin. Même Bruno Le Maire, pourtant ancien adversaire à la présidence de l'UMP face au chouchou du jour, Nicolas Sarkozy, a reçu un accueil chaleureux, s'offrant même un bain de foule parmi les militants au son de "Bruno, Bruno, Bruno".

"Ca me fait de la peine"

Chanceux? Ce n'est en tout cas pas le cas d'Alain Juppé. Le grand favoris des sondages pour la primaire en vue de la présidentielle de 2017 a été accueilli par des sifflets bien nourris de la part d'une partie des militants rassemblés. Peu importe, le maire de Bordeaux a débuté son discours sans attendre que le calme revienne. "Je vais vous faire une confidence", débute-t-il.

"Certains d'entre vous me sifflent. Certains... Cela me fait de la peine mais ça ne changera rien à ma détermination, vous êtes ma famille et je resterai dans ma famille!", lance l'ancien Premier ministre.

Une phrase qui sert à apaiser les esprits pour laisser le champ à Alain Juppé de livrer son discours. Parlant d'une société qui a besoin "d'apaisement", et non de "revanche" - l'attaque à l'encontre de Nicolas Sarkozy est évidente - le maire de Bordeaux assure qu'il n'y a "rien de bon dans la recherche méthodique du clivage".

Avec ces thèmes, à aucun moment, Alain Juppé ne remportera l'adhésion des militants. Sauf quand il évoque... "celui qui a permis le rassemblement" du jour, Nicolas Sarkozy. Sous les "Nicolas, Nicolas, Nicolas", le maire de Bordeaux a tant bien que mal terminer son discours en assurant son "soutien" au président du parti. 

Il faut dire que la relation entre Alain Juppé, prônant d'une "droite ouverte" et un rassemblement avec le centre, contre l'abrogation de la loi sur le mariage pour tous ou la suppression des menus de substitution dans les cantines scolaires, et les partisans de Nicolas Sarkozy a souvent été tumultueuse. En novembre dernier, il avait déjà dû affronter les huées du public lors d'un meeting de l'ancien chef de l'Etat dans sa propre ville de Bordeaux. En février, il revivait la scène alors qu'il évoquait le MoDem lors du Conseil national de l'UMP.

Fillon renverse la situation

François Fillon, lui est moins habitué à ce genre d'accueil. Et pourtant le député de Paris a lui aussi essuyé quelques huées rien qu'à l'énonciation de son nom jusqu'à sa montée à la tribune du congrès. Sans tenir égard de la situation, mais visiblement affecté, l'ancien Premier ministre a débuté son discours.

"Nous avons décidé de nous appeler les Républicains, ce choix nous oblige plus que tout autre car lorsqu’on prend la République comme étendard il ne nous est pas permis de décevoir", lance-t-il aux 10.000 adhérents venus assister au congrès.

Et de parler des projets que devra porter ce "nouveau parti: "Partout où l'autorité de l'Etat sera bafouée, les Républicains seront là, partout où la laïcité est défiée, les Républicains seront là (...)", assure François Fillon. Un discours qui, semble-t-il, a été entendu par les adhérents du parti puisqu'en quittant la scène le député de Paris a reçu de nombreux applaudissements.

Justine Chevalier