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Alain Juppé, une absence qui fait désordre à l'UMP

Alain Juppé n'ira pas au Conseil national de l'UMP samedi

Alain Juppé n'ira pas au Conseil national de l'UMP samedi - -

L'UMP réunit, samedi, son Conseil national pour proposer ses "grandes mesures d'urgence" pour "redresser la France", ratifier ses candidats aux municipales et têtes de listes aux européennes, et instituer une Haute autorité chargée de veiller au bon fonctionnement de la primaire pré-présidentielle. Un conseil, où n'ira pas Alain Juppé.

"Celui-là, c’est un casse-couille de première…" Dans le clan Copé, certains grommellent. Le Conseil national de l’UMP, organisé samedi à Paris, est censé être le grand rendez-vous de rassemblement du parti – 2.000 personnes sont attendues – permettant à son président de prouver, selon la dernière trouvaille de ses communicants, que l’UMP de 2014 n’a "plus rien à voir avec celle de 2012". Traduisez: après la défaite et les divisions, le parti est rassemblé et en ordre de marche. Alors forcément, l’absence de l’ancien ministre des Affaires étrangères, Alain Juppé, révélée jeudi par Le Monde, fait plutôt désordre.

La version officielle veut que le maire de Bordeaux ait un empêchement lié à sa campagne municipale. Mais selon le quotidien du soir, l’ancien Premier ministre sèche le grand raout parce qu’il juge "trop libéral" le projet économique adopté par les cadors du parti réunis pour un "séminaire" le 18 décembre dernier, et qui doit être officiellement adopté au conseil.

Au siège du parti, vendredi matin, on tentait donc de déminer en affirmant que des contacts ont été pris avec les proches d’Alain Juppé qui jurent qu’il est "parfaitement en phase avec ce qui va se passer" au Conseil national. D’ailleurs le président de l’UMP devrait s’entretenir par téléphone ce jeudi avec l’ancien Premier ministre, affirmait-on. 

Briller par son absence

Contacté par BFMTV, l’entourage du maire de Bordeaux affirme en effet qu’il ne "faut pas voir (dans cette absence) de désaccord avec Jean-François Copé". Avant de justifier non sans sous-entendu: "Sa priorité du moment, c’est la campagne municipale. Il a fait un arbitrage entre ses priorités du moment". Autant dire qu’Alain Juppé, qui milite en sous-main pour que la primaire de l’UMP ait lieu aussi tôt que possible, préfère briller par son absence - comme un certain Nicolas Sarkozy - plutôt que de se mêler aux débats qui pourraient avoir lieu samedi, notamment entre ceux qui ont réagi avec une certaine bienveillance au "tournant libéral" supposé de François Hollande et les autres.

Au sujet des fameuses "mesures d’urgence" économiques adoptées le 18 décembre dernier, son entourage précise d'ailleurs: "Lui s’est abstenu de tout commentaire négatif, il n’a pas voulu s'ajouter au voix discordante". Ceux qui, eux, ont émis des critiques, tels que l’ancien ministre de l’Economie François Baroin qui sera présent samedi au Conseil national, comme il l’a confirmé à BFMTV, apprécieront.

Pauline de Saint Remy et Damien Fleurot