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Municipales: l'UMP motive ses candidats

Jean-François Copé a reçu une ovation de la part des militants et candidats UMP, lors de la convention sur les élections municipales.

Jean-François Copé a reçu une ovation de la part des militants et candidats UMP, lors de la convention sur les élections municipales. - -

Le parti dirigé par Jean-François Copé a tenu jeudi une convention en vue des élections municipales. Une sorte de "coaching" pour candidats novices, auquel beaucoup avaient été conviés.

L’UMP compte bien rebondir sur l’impopularité de l’exécutif pour faire basculer à droit le maximum de villes de France. Ce jeudi, le parti dirigé par Jean-François Copé a ainsi tenu une convention en vue des élections municipales de mars prochain.

Pour l’occasion, de nombreux candidats avaient été conviés au siège du parti, rue de Vaugirard à Paris, afin de prendre connaissance d'une charte de bonne conduite. Une sorte de "séance de coaching" animée notamment par Hervé Mariton et Valérie Debord.

L'UMP ne veut pas d'augmentation d'impôts, les candidats sceptiques

Cette charte comprend six engagements, dont les trois premiers -heureux hasard- sont conformes aux priorités des Français actuellement, et au premier rang desquelles figure la fiscalité. "Nous devons prendre l’engagement de ne pas augmenter les impôts locaux", a ainsi lancé Hervé Mariton, suscitant quelques murmures dans l’assemblée.

"Il est marrant", lâche discrètement un élu, "mais avec la réforme des rythmes scolaires et la baisse des subventions, il faut avoir de l’imagination". Prenant la parole, la députée-maire de Morteau, Annie Genevard, s’est d’ailleurs voulue plus pragmatique, évoquant une stabilité des "taux d’imposition", ou encore une "extrême modération fiscale".

Mariton veut "faire travailler l'imagination"

En outre, l’UMP pourrait faire face à un autre problème. Bien au-delà de l’engagement présidentiel d'une économie de 50 milliards d’euros dans les dépenses publiques, le principal parti d’opposition propose, lui, de tailler à hauteur de 130 milliards. Ce qui ne manquera pas d’impacter les finances des collectivités locales, donc des mairies.

Interrogé sur ce point, Hervé Mariton a livré les premières pistes, sans entrer dans le détail. "Il faut faire travailler l’imagination. Ce qu’il faut faire, c’est rationaliser le duo commune-intercommunalité, faire la chasse aux dépenses en termes d’effectifs", a-t-il indiqué à BFMTV.com. Le désendettement des communes, lui, passera par "la cession de logements sociaux à leurs propriétaires".

Des contreparties demandées aux minimas sociaux

Si la fiscalité a occupé une bonne partie de cette convention, l’UMP a également voulu mettre l’accent sur la lutte contre la délinquance.

Mesure-phare du programme: l’expulsion des locataires qui "troublent le voisinage". Mais aussi la création de "Cellules de citoyenneté et de tranquillité publique" et de "Conseils des droits et devoirs des familles."

La lutte contre l’assistanat s’est également invitée dans le débat. L’UMP veut en effet demander aux bénéficiaires des minimas sociaux de consacrer plusieurs heures par semaine à la collectivité.

Attaquer les mairies de gauche sur leur gestion financière

La "séance de coaching" s’est poursuivie avec les consignes données aux candidats novices. En substance, le message pourrait se résumer ainsi : "Taper sur la gauche, mais pas n’importe comment".
Michel Herbillon, le député-maire de Maisons-Alfort, a ainsi conseillé "d’attaquer les mairies de gauche sur leur gestion" et leurs "dépenses somptuaires", ainsi que sur la dette. "Citez vos sources, cela donnera de la crédibilité", a-t-il exhorté.

Quelques éléments de langage pour qualifier l’adversaire avaient auparavant été distillés par Jean-François Copé: "Clientélisme, sectarisme et hausse d’impôts". A entendre l’ovation qui lui a été réservée, le message semble avoir été reçu.

Yann Duvert