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Les "garants" regrettent l'implication prolongée de Macron dans le grand débat

Emmanuel Macron face à des maires lors d'un débat à Grand Bourgtheroulde le 15 janvier 2018

Emmanuel Macron face à des maires lors d'un débat à Grand Bourgtheroulde le 15 janvier 2018 - LUDOVIC MARIN / AFP

Les "garants" rappellent par ailleurs que la restitution des événements locaux est en libre accès sur le site du grand débat national.

Les "garants" du grand débat ont déploré ce mardi les interventions répétées d'Emmanuel Macron et des membres du gouvernement dans la consultation, qui ont selon eux pu renforcer la méfiance des Français.

A trois jours de sa fin officielle, ils ont tiré un bilan "plutôt positif", malgré "quelques réserves", du débat national lancé mi-janvier par le chef de l'Etat pour répondre à la crise des "gilets jaunes".

"Il était peut-être utile qu'il y ait une communication présidentielle et gouvernementale importante au début du processus pour mobiliser les citoyens", a souligné Pascal Perrineau au cours d'un point de presse du collège des cinq "garants". Mais, "la manière dont ça s'est prolongé a pu contribuer, après avoir mobilisé, à entraver la mobilisation", a poursuivi le politologue.

Les garants avaient recommandé que l'exécutif se tienne "en retrait"

Depuis le début du grand débat, Emmanuel Macron a notamment participé à une dizaine de rencontres avec des élus et des citoyens. Chargés de veiller à l'indépendance du débat, les "garants" avaient pour leur part recommandé au départ que l'exécutif se tienne "en retrait".

Ils ont toutefois salué "une opération sans précédent dans l'histoire de notre démocratie", par les moyens mis en oeuvre et l'ampleur de la mobilisation. Le collège a encore regretté que seulement 50% des comptes-rendus des 10.000 réunions locales qui ont eu lieu soient jusqu'à présent "remontés".

"Nous ne sommes pas face à un sondage à l'échelle nationale", a par ailleurs souligné Isabelle Falque-Pierrotin, en prévenant que l'on ne pourra pas tirer du débat "quelque chose comme le top 10 des sujets clés retenus par les Français".

"Le gouvernement n'a pas le monopole de la restitution des débats"

Après la fin des réunions locales, 18 Conférences citoyennes régionales doivent encore être organisées dans les semaines qui viennent, avec la participation de Français tirés au sort.

Pascal Perrineau a souligné à ce propos "des difficultés pour rassembler ces échantillons de citoyens" dans certaines régions. La participation moyenne pourrait, selon lui, se situer "plutôt aux alentours de 50 à 70 citoyens par conférence" au lieu d'une centaine prévue au départ.

Isabelle Falque-Pierrotin a encore fait valoir que "le gouvernement n'a pas le monopole de la restitution des débats", ceux qui le souhaitent, associations, chercheurs, pouvant analyser les données qui sont en libre accès sur le site de la consultation.

Avec AFP