BFMTV

Les coulisses de la démission de Bruno Le Roux

Bruno Le Roux est un ami de François Hollande, fidèle parmi les fidèles

Bruno Le Roux est un ami de François Hollande, fidèle parmi les fidèles - Jacques DEMARTHON / AFP

Entre les révélations de l'émission Quotidien de TMC, et la démission du ministre, moins de vingt-quatre heures se sont écoulées. Bruno Le Roux, qui n'avait pas averti le président des révélations à venir, a été sommé de quitter son poste rapidement.

Les yeux sur ses notes, le regard sombre, l'éphémère ministre de l'Intérieur a annoncé sa démission, face à une marée de caméras, mardi soir à 18h. Moins de 24 heures après les révélations de Quotidien.

"Ma responsabilité est aussi de préserver totalement l'action gouvernementale. C'est pourquoi j'ai adressé au président de la République ma démission. Celle-ci me permet (...) d'affirmer clairement mon honnêteté", annonce Bruno Le Roux. 

Proche de François Hollande, Bruno Le Roux n'a pourtant pas averti le président, en amont. Questionné par les journalistes de TMC, le ministre savait que ces révélations allaient sortir. 

"L'autorité de François Hollande a été défaillante"

Le président découvre lundi soir, une fois le dîner de travail avec Shinzo Abe achevé, que son ministre de l'Intérieur a fait travailler ses deux filles alors qu'il était député de Seine-Saint-Denis. Lycéennes puis étudiantes, elles ont cumulé respectivement 14 et 10 contrats, entre 2009 et 2016. Lors des premiers contrats, elles n'avaient que 15-16 ans.

Un désaveu pour François Hollande, analyse Christophe Barbier, éditorialiste à BFMTV.

"L'autorité de François Hollande a été défaillante. Autour de lui tout le monde a applaudi son discours sur la République exemplaire. Cause toujours, on continue comme avant. Cela a permis à Cahuzac de lui mentir les yeux dans les yeux. Cela a permis à Le Roux de pas lui dire que cette affaire allait sortir, tout en commentant l'affaire Fillon en sachant qu'il avait un talon d'Achille."

Faire "vite et bien"

Pour éviter une affaire embarrassante, les proches du président expliquent que le couple exécutif a décidé de faire "vite et bien. "Ce n'était pas possible autrement", raconte un proche au Parisien. "Le président n'a pas hésité. Il n'y a pas eu de débat". Le rendez-vous est donné dès le lendemain. A 14h30 les trois hommes se retrouvent à l'Elysée. Seule concession accordée au ministre, ce sera lui qui annoncera sa démission. 

Mardi à 18 heures, après trois mois et quinze jours comme ministre de l'Intérieur, Bruno Le Roux quitte donc la place Beauvau. Matthias Fekl prend le relais. Ce mercredi matin, sur le perron Bruno Le Roux a souhaité la bienvenue à son successeur dans ce "grand et beau ministère" et lui a souhaité "le plein succès au service des Français, au service de notre République".

Elodie Hervé