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Législatives: les sortants font dans l'auto-dégagisme

Benoist Apparu

Benoist Apparu - JACQUES DEMARTHON / AFP

De nombreux députés sortants ont choisi de ne pas se représenter, souvent par usure, mais aussi par désillusion quant à leur fonction à l'Assemblée nationale.

Il dit stop: Benoist Apparu ne se présentera pas à sa propre succession aux élections législatives de juin. Le député de la Marne, quadragénaire, se range des voitures.

Dans L'Opinion, il explique:

"En 2012, je m’étais déjà posé la question de continuer ou pas. J’avais une proposition dans le privé. Mais par facilité, parce que j’étais sortant, parce que je n’avais pas préparé ma succession, j’étais reparti."

Cette fois, ce fidèle d'Alain Juppé, en retrait de la campagne de François Fillon, jette l'éponge: "J’ai 47 ans. Si je veux connaître une troisième vie professionnelle, c’est maintenant ou jamais. J’ai toujours eu la hantise de finir à 70 ans, ventripotent et député depuis trente ans."

Usure et fin de course

Avec lui, ils sont nombreux à renoncer. Pour beaucoup, parce qu'ils arrivent en bout de course et que le prochain scrutin législatif est très incertain. Au Parti socialiste, c'est par exemple le cas de Claude Bartolone, Jean-Marc Ayrault, Alain Vidalies, Ségolène Royal ou encore Michel Sapin.

En plus de la fin du cumul des mandats, qui provoque un renouvellement mécanique, un phénomène d'usure s'est également fait sentir à gauche, dans ce quinquennat difficile, miné par les divisions. Sébastien Pietrasanta, Laurent Grandguillaume, Sébastien Denaja, respectivement députés PS des Hauts-de-Seine, de Côte-d’Or et de l’Hérault, tournent la page pour cette raison.

Les limites des institutions

Enfin, certains ne croient plus aux institutions politiques actuelles, et ont perdu la foi dans leur fonction. "On s’emmerde à l’Assemblée", confesse Benoist Apparu. "Cela ne se dit pas, mais c’est la vérité. Quand tu as fait du cabinet, que tu as été ministre, tu t’ennuies un peu." Thierry Mandon, secrétaire d’Etat à la Recherche et à l’Enseignement supérieur, fait quant à lui ce bilan (qui ressemble fort à un vœu pieux) dans Le Figaro:

"La machine à décider doit changer. L’action publique dans une société de plus en plus cultivée, avec la place déterminante d’Internet, n’a pas encore été suffisamment perçue, ni pensée, ni déclinée."

Louis Nadau