BFMTV

Législatives: à Forbach, la non campagne de Florian Philippot

Florian Philippot.

Florian Philippot. - JOEL SAGET / AFP

Dans une circonscription pourtant gagnable, Florian Philippot brille souvent par son absence dans la campagne législative de Forbach.

C'est presque une campagne à contre-cœur: à Forbach, en Lorraine, Florian Philippot ne fait que de rares apparitions dans les allées du marché local pour distribuer ses tracts, échange peu avec la population et évite la presse locale. Le vice-président du Front national s'ennuie, à la cafétéria d'un supermarché. Il tweete.

Dans la 6e circonscription de Moselle, Florian Philippot est dans une position délicate. Ici, Marine Le Pen est pourtant arrivée largement en tête au premier tour de l'élection présidentielle, avec 33,68 % des voix. Le chantre de la sortie de l'euro (un discours peu audible dans une ville frontalière de l'Allemagne), honni par une partie du Front national, assure à peine le service minimum: ce mardi, à cinq jours des élections législatives, il visitait pour la première fois sa permanence à Forbach. Le souverainiste tient un discours résigné, comme le rapporte Europe 1

"Macron va avoir la majorité, il n'y a pas beaucoup de suspense là-dessus", prédit-il ce jeudi. "Mais a-t-il besoin de 400 députés sur 577 ? Je crois que ça peut mobiliser des électeurs qui veulent incarner un contre-pouvoir."

Le candidat 'vu à la télé'

Pierre Lang, son adversaire Les Républicains, accuse Florian Philippot d'être un parachuté: "Il vient ici de temps en temps entre deux TGV se montrer dans les buvettes d'un supermarché et il repart aussi vite", lance-t-il au micro de Franceinfo. Le manque d'implication de Florian Philippot dans la vie locale passe mal auprès des électeurs locaux. Sa démission du conseil municipal de Forbach et son absence de la communauté d'agglomération ne plaident pas en faveur. "Il préférera toujours BFMTV à Forbach", explique Jacques, un retraité. Il est d'ailleurs l'un des seuls à ne pas communiquer son agenda à la presse locale. 

"Il pense que 'vu à la TV', ça marche mieux que 'vu en campagne', lâche un frontiste.

Jean-Christophe Kinnel, candidat du Parti socialiste, s'étonne de cette absence auprès du Monde: "Il vient un ou deux jours par semaine, depuis la présidentielle. Ça contraste avec ses campagnes législatives et municipales de 2012 et 2014, il était beaucoup plus présent. C’est étrange, car il joue gros. J’ai un peu de mal à comprendre son absence sur le terrain." Florian Philippot joue gros. Presque sa survie au Front national, car de nombreux cadres frontistes demanderont le scalp de l'influent conseiller de Marine Le Pen au congrès du parti de 2018 après sa défaite à la présidentielle. 

Louis Nadau