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Le service militaire, impossible à remettre en place?

Dans ses propositions en vue de 2017, le candidat à l’élection présidentielle Arnaud Montebourg suggère le rétablissement du service militaire. Mais le remettre en place s’avérerait en fait bien compliqué.

En dévoilant ses propositions en vue de l'élection présidentielle, Arnaud Montebourg a lancé l’idée du rétablissement d’un “service national, civil et militaire” obligatoire. D’une durée de six mois, ce dernier concernerait tous les jeunes hommes et femmes de nationalité française et serait une façon de transmettre les valeurs de la République.

Dans la pratique, le service militaire est plus compliqué à mettre en place, notamment pour des raisons structurelles. Les restructurations successives ayant eu lieu au sein de l’armée ne laissent pas suffisamment d’infrastructures disponibles pour l’accueil des jeunes. C’est en tout cas ce qu’affirme l’ancien commandant des forces aériennes stratégiques Patrick Charaix, qui rappelle que huit bases de l’armée de l’air ont été fermées en deux ans.

“Je ne crois pas qu’on trouverait de l’infrastructure pour créer les conditions de vie pour des jeunes qui quittent leur encadrement familial, c’est assez difficile aujourd’hui d’avoir les capacités à les accueillir”, estime-t-il.

Un manque d’encadrement

La capacité d’accueil de potentiels appelés n’est pas la seule entrave au rétablissement d’un service militaire, leur encadrement pose également un véritable problème.

Avec la professionnalisation des armées françaises, mise en place à la fin des années 1990, les effectifs militaires ont été recentré sur les missions opérationnelles et les engagements à l’extérieur du territoire. En conséquence, il n’y a plus suffisamment de personnes capables d’encadrer les nouveaux venus sous les drapeaux.

“Si on recrée un service militaire, il faut pouvoir accompagner les jeunes, les guider voire leur donner des ordres. Avec toutes ces restructurations militaires et ces diminutions des effectifs, on aura du mal à trouver du personnel”, pointe du doigt Patrick Charaix.

Pour l’ancien commandant, ce ne sont pas non plus les réservistes qui pourront encadrer correctement les jeunes venus faire leur service, puisqu’“ils ne sont présents que 30 à 60 jours par an” sur les bases et dans les casernes.

Il suggère alors qu’une autre institution, comme l’éducation nationale, encadre le service civique car “le besoin est aussi dans l’environnement plus civil que militaire”.

F. H. avec Antoine Heulard et Juliette Chapalain