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Le "plan climat" de Nicolas Hulot s'apprête à être dévoilé

Nicolas Hulot, le ministre de la Transition écologique, le 5 juillet 2017 à l'Élysée

Nicolas Hulot, le ministre de la Transition écologique, le 5 juillet 2017 à l'Élysée - Eric Feferberg-AFP

Il doit définir la stratégie de la France pour limiter ses émissions de gaz à effet de serre. Mais aussi traduire la volonté du président de défendre l'Accord de Paris. Et confirmer les promesses d'Emmanuel Macron.

Nicolas Hulot, le ministre de la Transition écologique, présente ce jeudi un "plan climat" qui doit dessiner la stratégie de la France pour limiter ses émissions de gaz à effet de serre et traduire en actes la volonté d'Emmanuel Macron de défendre l'Accord de Paris.

Confirmer les engagements du candidat Macron

Mardi, le Premier ministre Édouard Philippe a déjà annoncé ou confirmé des engagements du candidat Macron: fin des nouveaux permis d'exploitation d'hydrocarbures, convergence de la fiscalité essence et diesel avant 2022, montée en puissance de la fiscalité sur les émissions de CO2 et division par deux des déchets mis en décharge d'ici à 2025.

Le Premier ministre a aussi fixé l'horizon 2050 pour arriver à une "neutralité carbone", c'est-à-dire pour que le niveau des émissions de gaz à effet de serre ne soit pas plus élevé que les émissions capturées (comme par les forêts). Ce nouvel objectif constitue un rehaussement de l'ambition qui jusqu'ici était de diviser par quatre les émissions françaises entre 1990 et 2050, avec une baisse de 40% en 2030.

"C'est la première fois que la France s'engage aussi clairement sur un objectif de neutralité carbone en 2050", a relevé le WWF France.

"On attend un calendrier"

Le "plan climat" doit préciser les leviers d'action que le gouvernement souhaite mettre en œuvre en cohérence avec l'Accord de Paris et les financements prévus. Il avait été promis début juin par le président de la République, souhaitant être à l'offensive après le retrait des États-Unis. Reçues à l'Élysée, les ONG environnementales s'étaient dites "rassurées" mais impatientes de pouvoir jauger la détermination présidentielle avec des éléments concrets.

"On voudrait entrer dans le dur, on attend une déclinaison opérationnelle, un calendrier, résume Benoît Hartmann du Cler-Réseau pour la transition énergétique. La transition écologique repose largement sur la transition énergétique, il faut donc œuvrer pour réduire les besoins (en énergie) dans plusieurs secteurs: bâtiments, transports, industrie, consommation."

Les ONG et les industriels des énergies renouvelables espèrent également des mesures pour accélérer le développement du secteur, alors que la France est en retard sur son objectif 2020 de 20% d'énergie renouvelable. Sur la rénovation thermique des bâtiments, un chantier déjà engagé mais à un rythme trop lent, "on voudrait un calendrier et savoir quels financements vont être mobilisés", plaide Célia Gautier du Réseau action climat.

Tout ne sera pas clarifié ce jeudi

Les mesures que va présenter Nicolas Hulot ont reçu l'aval de Matignon mais d'autres ne sont pas encore tranchées, comme la taxe européenne sur les transactions financières, en gestation depuis des années, qu'Emmanuel Macron s'était engagé à faire aboutir cet été. Mais Bercy y est opposé.

Sur le volet nucléaire et la nécessaire fermeture de certains réacteurs pour respecter la loi sur la transition énergétique et ramener à 50% la part de l'atome dans la production d'électricité, une clarification est aussi attendue, mais pas forcément dès ce jeudi.
C.H.A. avec AFP