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Le "ni fusion, ni retrait" de Sarkozy déjà contesté à droite et au centre

Nicolas Sarkozy lundi 9 novembre lors d'un meeting près d'Angers.

Nicolas Sarkozy lundi 9 novembre lors d'un meeting près d'Angers. - Jean-François Monier - AFP

Quelques minutes après 20h, ce dimanche, Nicolas Sarkozy s'est empressé de réagir depuis le siège des Républicains. Avec un message: ses listes ne se retireront pas avant le second tour. Mais le message ne passe pas auprès de tout le monde dans sa famille politique.

Dimanche soir, après les premiers résultats, Nicolas Sarkozy monte au pupitre de la rue de Vaugirard pour donner sa réaction après le premier tour des élections régionales. Pour lui, une priorité : alors que le FN a fait un score historique, il veut imposer la position du "ni retrait, ni fusion" avec la gauche pour le second tour des régionales.

Mais aussitôt prononcée, cette ligne est déjà contestée par ses alliés centristes et même certains dans son parti. Il faut dire que le parti Les Républicains n'a pas réussi à rassembler au delà de son camp. Le mouvement de Marine Le Pen arrive de son côté en tête dans six régions sur treize, avec des succès majeurs, en Nord-Pas-de-Calais-Picardie ou en Provence-Alpes-Côte-d'Azur.

Lagarde et Bayrou favorables à des retraits

Le président de l'UDI, Jean-Christophe Lagarde, allié de Nicolas Sarkozy, a rapidement refusé ce "ni-ni" proposé par la rue de Vaugirard. "Partout où le Front national peut gagner, nous souhaitons le retrait des listes qui arrivent en troisième position, quelles que soient les listes", a assuré le centriste, évoquant "le bon sens démocratique et républicain de se retirer".

Même petite musique du côté de Pau, où François Bayrou plaide pour un retrait des listes face aux possibles victoires du Front national. "Si les états-majors étaient responsables, ils devraient adopter une ligne de conduite lisible par les Français: le retrait pur et simple de la liste arrivée en troisième position pour permettre, en regroupant les voix, un ressaisissement démocratique", a-t-il affirmé.

Des tensions aussi chez Les Républicains

Mais même au sein de son mouvement, Nicolas Sarkozy risque de trouver des résistances. Arnaud Robinet, maire de Reims, a été explicite à ce sujet: "Tout mais vraiment tout doit être fait pour qu'aucune région ne soit dirigée par l'extrême droite", a-t-il tweeté. Dominique Bussereau, ancien ministre, député LR et président du de la Charente-Maritime a quant à lui appelé "aux retrait de les Républicains et du centre là où il y a un risque du FN et inversement".

Pour d'autres, c'est le silence qui été éloquent. "François Fillon considère la situation comme très sérieuse. Il réserve sa réaction à l'issue du bureau politique", a par exemple fait savoir l'entourage du premier ministre. Quant à Alain Juppé, lui aussi "réserve" ses "remarques à ce bureau politique, avec la volonté de trouver entre-nous une ligne de conduite commune d'ici le deuxième tour".

Cette réunion sera donc moins confortable que prévue pour l'ancien chef de l'Etat. Le bureau politique qu'il réunira lundi à 11h00 doit décider d'une "stratégie commune" pourrait être houleux.

I. V. avec AFP