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Le FN fait son entrée à l'Assemblée, Marine Le Pen battue

Marine Le Pen a été battue à Hénin-Beaumont, où elle a été devancée de 116 voix par le socialiste Philippe Kemel. La présidente du Front national a demandé un recomptage dans cette circonscription, la 11e du Pas-de-Calais. /Photo prise le 17 juin 2012/REU

Marine Le Pen a été battue à Hénin-Beaumont, où elle a été devancée de 116 voix par le socialiste Philippe Kemel. La présidente du Front national a demandé un recomptage dans cette circonscription, la 11e du Pas-de-Calais. /Photo prise le 17 juin 2012/REU - -

PARIS (Reuters) - Marine Le Pen a réussi dimanche son pari de faire entrer des députés - au moins deux - à l'Assemblée nationale, une première...

PARIS (Reuters) - Marine Le Pen a réussi dimanche son pari de faire entrer des députés - au moins deux - à l'Assemblée nationale, une première depuis 26 ans, mais ce succès est terni par son apparente défaite à Hénin-Beaumont.

Devancée de 116 voix par le socialiste Philippe Kemel, la présidente du Front national a demandé un recomptage dans la 11e circonscription du Pas-de-Calais.

La dynastie des Le Pen, prolongée par Marine depuis janvier 2011, s'est enrichie d'une nouvelle figure avec l'élection de sa nièce Marion, 22 ans, symbole de la nouvelle génération, à Carpentras (Vaucluse).

L'avocat Gilbert Collard, "mariniste" convaincu mais qui n'a pas sa carte du FN, a été également élu dans la deuxième circonscription du Gard, une terre favorable au FN, avec 42,82% des voix, dans le cadre d'une triangulaire.

"Nous sommes deux seulement, alors que nous représentons plus de 6 millions d'électeurs, mais nous y sommes", a déclaré Gilbert Collard en espérant que le recomptage serait favorable à la chef de file du FN.

"Je serais très peiné qu'elle ne soit pas là", a-t-il dit.

"LE VERROU NE TIENT PLUS"

Gilbert Collard a vu dans son élection la démonstration que "le verrou" mis en place par le Parti socialiste "ne tient plus" et que "les gens ne sont plus dupes de leurs arguments rhétoriques".

Le FN, qui aurait pu prétendre à beaucoup plus d'élus sur la base du premier tour, a pâti de l'absence d'alliance malgré quelques brèches.

L'élection de députés compense le résultat mitigé du premier tour où le "Rassemblement bleu Marine", avec 13,6%, se situait en-deçà du score "historique" de Marine à la présidentielle (17,9%), même s'il résistait bien pour ce type de scrutin.

En raison de l'abstention, le FN n'a pu se qualifier au second tour que dans une soixantaine de circonscriptions, loin des 150 à 200 espérés, ce qui ne lui a pas permis d'exercer une pression suffisante pour provoquer une recomposition de la droite.

La présidente du FN peut cependant se réjouir d'avoir sérieusement fissuré le "cordon sanitaire" établi depuis de longues années autour de sa formation, que la gauche considère toujours d'extrême droite.

Le mur anti-FN "a implosé" ne serait-ce "qu'avec la consigne donnée par l'UMP qui a enterré ce qu'ils appelaient le 'front républicain'", a-t-elle estimé entre les deux tours.

De plus, certaines figures de la droite comme Nadine Morano ont multiplié les appels du pied en direction de l'électorat d'extrême droite et un candidat UMP s'est officiellement retiré au profit du FN dans les Bouches-du-Rhône.

Cette "porosité" croissante entre la droite parlementaire et le FN a été vivement dénoncée par la gauche, pour qui l'UMP a "franchi un cap".

Gérard Bon, édité par Patrick Vignal

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