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"Le bruit et l'odeur": Alain Juppé justifie le dérapage de 1991 de Jacques Chirac

L'ancien maire de Bordeaux, qui fut également élu dans le quartier de la Goutte d'Or, à Paris, a estimé que cette phrase était "la vérité".

En 1991, cette sortie avait provoqué un scandale. Au cours d'un dîner-débat qui se tenait à Orléans, Jacques Chirac avait tenu des propos controversés sur l'immigration face à des sympathisants du RPR, stigmatisant les habitants de la Goutte-d'Or, un quartier populaire de Paris:

"Comment voulez-vous que le travailleur français qui habite à la Goutte-d'Or (...), qui travaille avec sa femme et qui, ensemble, gagnent environ 15.000 francs et qui voit sur le palier à côté de son HLM, entassée, une famille avec une père de famille, trois ou quatre épouses, et une vingtaine de gosses, et qui gagnent 50.000 francs de prestations sociales, sans naturellement travailler! Si vous ajoutez à cela le bruit et l'odeur, eh bien le travailleur français sur le palier devient fou", avait déclaré celui qui, à l'époque, était maire de Paris.

Interrogé au sujet de cette sortie sur le plateau de BFMTV ce jeudi, au soir de la mort de Jacques Chirac, Alain Juppé a justifié les propos de l'ancien président:

"C'était tout simplement la vérité!", a-t-il asséné. "J'ai été élu de ce quartier, et j'ai fait la même constatation. Est-ce que ça veut dire qu'on est racistes? S'il y avait quelque chose qui était profondément étranger à Jacques Chirac, à ses idées, à ses convictions profondes, c'était le racisme et l'antisémitisme. Et il a été l'un des hommes politiques les plus déterminés dans son hostilité au Front national et à ce que représentait l'idéologie de Jean-Marie Le Pen à cette époque-là. Donc lui faire un procès en racisme... (...) Il l'a dit. J'aurais peut-être pu le dire", a confié le président du Conseil constitutionnel.

En 1991, la phrase de Jacques Chirac avait provoqué un tollé au sein de la classe politique, et particulièrement à gauche.

Le groupe Zebda avait sorti en 1995 un album intitulé Le Bruit et l'Odeur, avec une chanson éponyme reprenant: "Qui a construit cette route? Qui a bâti cette ville? Et qui n'y habite pas? À ceux qui se plaignent du bruit, à ceux qui condamnent l'odeur, je me présente".

Clarisse Martin