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Valls refuse de voir les jihadistes français jugés en France, même s'ils risquent la peine de mort

L'ancien Premier ministre Manuel Valls, député apparenté LREM de l'Essonne, était ce mardi l'invité de Jean-Jacques Bourdin sur BFMTV et RMC.

Invité mardi matin sur BFMTV et RMC, Manuel Valls refuse l'idée que les jihadistes français arrêtés en Syrie ou en Irak soient rapatriés et jugés en France, conscient du "risque évidemment" qu'ils soient condamnés à mort en Irak. "On en parle d'autant plus qu'il y a une Allemande d'origine marocaine qui vient d'être condamnée à mort par la justice irakienne".

"Mais vous vous rendez compte", poursuit l'ancien Premier ministre, "si nous disons à nos compatriotes français, qui ont subi le terrorisme, (...) mesdames et messieurs combattants de l'Etat islamique, venez, on va vous juger en France. Non". S'agit-il alors d'appliquer en quelque sorte aux jihadistes français une peine de mort par procuration? "Je pense qu'on peut intervenir auprès des autorités de ces pays, notamment irakiennes, pour que cette peine de mort de soit pas appliquée, mais c'est extrêmement compliqué", reconnaît Manuel Valls.

"Une forme de déchéance de la nationalité"

Malgré tout, l'ancien Premier ministre en est convaincu: "Nous devons éviter qu'ils rentrent en France, hommes ou femmes, quelle que soit l'issue. C'est très difficile à dire. Je dis femmes, parce que contrairement à ce qu'on raconte, beaucoup de ces femmes sont des combattantes particulièrement radicalisées", veut mettre en garde l'élu de l'Essonne.

"D'une certaine manière, nous appliquons sans le dire une forme de déchéance de la nationalité. En l'occurrence, c'est ce que nous sommes en train de pratiquer", confirme le député apparenté La République en marche. "Parce que comme nous sommes en guerre, ou comme le terrorisme nous fait la guerre, là, on est dans un moment particulier où nous devons être intransigeants (avec les jihadistes français, NDLR), c'est difficile à assumer, mais il ne faut pas le faire de manière hypocrite. Nous savons quelle est la justice irakienne".

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Manuel Valls

A.L.M.