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Européennes: d'après Collomb, la fracture territoriale reste "extrêmement profonde"

Reconnaissant (à demi-mot) qu'Emmanuel Macron avait réussi à sauver les meubles dimanche, l'ex-ministre de l'Intérieur a toutefois appelé le chef de l'État à "redynamiser" l'économie française et accélérer la reconquête des banlieues.

C'est ce qui s'appelle faire le service minimum. Invité de notre antenne ce mercredi, l'ex-ministre de l'Intérieur Gérard Collomb, l'un des premiers compagnons de route d'Emmanuel Macron, a donné son analyse du résultat des élections européennes. Contrariant les sondages et, surtout, le fond de l'air de la fin de la campagne, la liste La République en marche a finalement réussi à limiter la casse en recueillant 22,4% des suffrages exprimés. Moins d'un point derrière le Rassemblement national.

D'après Gérard Collomb néanmoins, la "fracture territoriale" mise en lumière lors de la dernière présidentielle demeure "extrêmement profonde". "Les trois quarts des départements (...) mettent le RN en tête", a tenu à rappeler celui dont les derniers mois place Beauvau lui sont restés en travers de la gorge. "C'est quand même quelque chose qui doit interroger", a-t-il ajouté au sujet des territoires.

Clin d'œil à Borloo

"Les villes-centres ont voté plutôt pour La République en marche ou les écologistes, (...) mais dès la première couronne, donc la banlieue, (on) a mis en tête le RN", a constaté le maire de Lyon. Et d'en conclure que le gouvernement doit "accélérer" son plan d'action de "reconquête républicaine" dans de nombreuses banlieues françaises.

Sur ce sujet hautement sensible, qui constitue l'un des talons d'Achille de ce gouvernement, Gérard Collomb a bien pris soin de faire un clin d'œil à Jean-Louis Borloo, dont le plan pour les quartiers prioritaires avait été écarté par Emmanuel Macron au printemps 2018

"Lorsque vous regardez un certain nombre de quartiers de banlieue, il faut se dire que le plan Borloo dont on parlait il y a quelques temps, il faut vraiment l'accélérer, parce que c'est là, la première fracture."

Jules Pecnard