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L'hypothèse Sarkozy agite le clan Wauquiez

A Lyon, en décembre 2017.

A Lyon, en décembre 2017. - JEFF PACHOUD / AFP

Nicolas Sarkozy est toujours dans le rétroviseur de la droite, au grand dam du président des Républicains, Laurent Wauquiez. Les deux hommes se détestent, comme l'attestent les déclarations de leurs proches dans Le Parisien ce lundi. Et, tandis que Laurent Wauquiez peine à s'imposer dans le jeu politique, Nicolas Sarkozy cultive ses bonnes relations avec ses fidèles, comme avec le sommet de l'Etat.

Rien ne va pour Laurent Wauquiez. Ce dimanche dans le JDD, un sondage montrait qu'à l'heure qu'il est il ferait moins bien au premier tour d'une présidentielle que François Fillon. Mais le châtelain de Sablé-sur-Sarthe n'est pas son premier problème. Ainsi, ce lundi dans Le Parisien, tandis que des députés reprochent au président du Conseil régional d'Auvergne-Rhône-Alpes sa communication durant la crise des gilets jaunes, un cadre regrette:

"Du temps de Sarkozy, quand il y avait un événement majeur, il parlait tout de suite. Après tout le monde se positionnait en fonction de ce qu'il avait dit". Nicolas Sarkozy, le grand nom est lâché. 

"Il trouve que Wauquiez est nul" 

Car c'est bien lui qui obsède une droite incapable de tirer ses marrons du feu qui brûle pourtant les ailes de l'exécutif. Et qui effraie Laurent Wauquiez. "Le retour de Sarkozy, c'est sa terreur absolue", affirme une des figures de la droite au quotidien francilien. Les propos tenus par Laurent Wauquiez en février dernier devant des étudiants de l'EM Lyon, dépeignant un Nicolas Sarkozy paranoïaque en fin de mandat "contrôlant et écoutant" les portables de ses ministres "pour pomper tous les mails, tous les textos", ne passent décidément pas. Et ce, malgré les remords exprimés ensuite sur notre antenne par Laurent Wauquiez. Un cadre de LR note que ce dernier en est bien conscient:

"Il sait très bien tout le mal que Sarko dit de lui, il est très vigilant". 

Nicolas Sarkozy tient cependant sa langue en public. Enfin, ça n'empêche pas de se lâcher.

"Il trouve que Wauquiez est nul. Tellement nul que ce n'est même plus un sujet pour lui", confie un proche au Parisien.

Selon une indiscrétion, l'ancien président de la République s'est même laissé aller à un moment de mépris il y a quelques semaines en examinant la composition du "cabinet fantôme" de Laurent Wauquiez: "Eh bien, c'est avec ça qu'il veut reconquérir la droite !". 

Sarkozy se projette 

Quant à Laurent Wauquiez, il fait bien d'ouvrir l'œil car son rival ne manque pas de relais dans cette famille politique dont il avait la charge jusqu'à peu. "Pour l'instant, ils laissent faire Laurent. Sans doute aussi parce qu'à leurs yeux un Wauquiez affaibli, c'est tout bon pour Sarkozy. Mais on sent qu'ils commencent à se dire que la page n'est peut-être pas aussi tournée que cela", analyse un dirigeant. Laurent Wauquiez, gardez-vous à gauche, gardez-vous à droite (surtout à droite en l'occurrence), en quelque sorte. 

Récemment, Nicolas Sarkozy s'est signalé par une projection peu à même de rassurer son successeur à la tête des Républicains, et qui rêve de suivre ses pas en d'autres lieux. Devant un élu venu le visiter, il a raconté: 

"Carla me dit : 'Nicolas, j'espère que tu vas rester sage.' Mais vous avez vu la situation? Je ne vais peut-être pas avoir le choix, je vais peut-être être obligé de revenir."

Protocole 

Avant de devoir "peut-être" se faire violence, l'ex-chef de l'Etat s'occupe. Il multiplie les conférences et siège désormais au conseil d'administration d'AccorHotels. Il a cependant d'autres impératifs, qui pourraient s'avérer rédhibitoires dans la perspective d'un retour politique: ses ennuis judiciaires. Il doit se défendre sur trois fronts, les soupçons de financement libyen de sa campagne en 2007, l'affaire des écoutes, et le dossier Bygmalion. 

Et puis Nicolas Sarkozy, s'il exècre Laurent Wauquiez, se relancerait-il en politique alors qu'une énième équipée reviendrait à s'opposer frontalement à Emmanuel Macron, ce "moi en mieux" qu'il s'était découvert à l'été 2017? Il est en tout cas toujours très bien en cour. Le 7 décembre, période agitée pour l'Elysée s'il en est, il était en effet reçu à l'Elysée par le président de la République. Et ce dimanche, il profitait d'une nouvelle marque de considération. Il assistait, se substituant à Emmanuel Macron, à la cérémonie d'investiture de la présidente de la Géorgie, Salomé Zourabichvili, à Telavi. 

Qu'il soit rangé des voitures ou non, Nicolas Sarkozy a au moins conservé le goût des protocoles. 

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Nicolas Sarkozy

Robin Verner