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Emmanuel Macron relance les heures supplémentaires défiscalisées de Nicolas Sarkozy

Des gilets jaunes regardent l'allocution du président dans un restaurant aavec à Fay-au-Loges, près d'Orleans,

Des gilets jaunes regardent l'allocution du président dans un restaurant aavec à Fay-au-Loges, près d'Orleans, - GUILLAUME SOUVANT / AFP

Mesure phare et très populaire du président Nicolas Sarkozy, les heures supplémentaires défiscalisées vont être relancées par Emmanuel Macron. elle doit intervenir "à partir d'avril", a indiqué l'Elysée.

C'était la mesure du "travailler plus pour gagner plus" de Nicolas Sarkozy. Les heures supplémentaires défiscalisées de 2007 avaient finalement été annulé en 2012 par le gouvernement de Jean-Marc Ayrault. Jugées coûteuses (4,5 milliards d'euros en 2011 selon l'OFCE) et plutôt néfastes pour l'emploi (30.000 emplois détruits en 2011 selon l'OFCE), ces heures supplémentaires défiscalisées seront donc relancées en avril 2019, indique l'Elysée.

Dans le budget 2019, le gouvernement avait déjà prévu de désocialiser les heures supplémentaires, c'est à dire d'exonérer ces heures de cotisations sociales salariales et patronales, autrement dit d'augmenter le net de cette prime. 

Mais cette fois, Emmanuel Macron va plus loin et annonce que ces heures supplémentaires seront sans impôt, ni charges. C'est à dire qu'outre les exonérations de charges qui seront maintenues, vous ne paierez pas d'impôt sur le revenu sur ces heures travaillées en plus. 

Une mesure négative pour l'emploi et les finances publiques

Cette mesure avait donc déjà été mis en place en 2007 dans la loi Tepa sous la présidence de Nicolas Sarkzoy. Elle poursuivait une triple objectif: accroître le pouvoir d’achat de ceux qui travaillent, réduire le coût du travail et inciter à une durée du travail plus longue. Très populaire, elle avait effectivement permis d'améliorer le pouvoir d'achat des salariés. En 2011, selon l’ACOSS, le nombre d’heures supplémentaires s’était élevé à 739 millions. 

Mais une mesure qui a néanmoins deux inconvénients: 

-Son coût pour les finances publiques estimé à 4,5 milliards d'euros en 2011. 3,1 milliards d'exonérations de cotisations plus 1,4 milliard d'euros de manque à gagner d'impôt sur le revenu.

-Son effet négatif sur l'emploi: si la hausse de pouvoir d'achat avait permis d'avoir un impact positif sur la demande générant en 2011 42.500 créations d'emplois, elle avait dans le même temps eu un impact négatif estimé à 72.600 emplois selon l'OFCE en incitant les entrepreneurs à allonger la durée du travail plutôt qu'à embaucher. Au final, l'opération aurait été négative d'environ 30.000 emplois. 

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Nicolas Sarkozy

Frédéric Bianchi
https://twitter.com/FredericBianchi Frédéric Bianchi Journaliste BFM Éco