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L'élu RN Julien Odoul porte plainte après avoir été la cible d'injures et d'insultes homophobes

Capture d'écran d'une des vidéos sur lesquelles Julien Odoul est insulté

Capture d'écran d'une des vidéos sur lesquelles Julien Odoul est insulté - Twitter Julien Odoul - Montage BFMTV

Injures, insultes homophobes, menaces... Deux vidéos publiées sur les réseaux sociaux montrent le conseiller régional de l'Yonne Julien Odoul se faire copieusement insulter dans un bar. Il déclare avoir porté plainte.

Un flot d'insultes filmé, et posté sur les réseaux sociaux. Sur plusieurs vidéos postées en fin de semaine, on peut voir Julien Odoul, conseiller régional Rassemblement National de Bourgogne Franche-Comté, se faire copieusement insulter dans un bar. La scène remonte au soir du jeudi 5 décembre à Sens (Yonne), où Julien Odoul est candidat aux municipales.

Un flot d'injures, dont des insultes homophobes

Un contenu qui a connu un succès particulier après avoir été partagé par le rappeur Booba sur Instagram, où il réunit 4,5 millions d'abonnés. "On peut plus boire sa binouze tranquille dans c’pays!!!!", a écrit le rappeur, semblant s'amuser de la situation. La vidéo totalisait plus de 900.000 vues à l'écriture de cet article.

On y voit Julien Odoul demander à une personne d'arrêter de le filmer. L'auteur de la vidéo lâche alors plusieurs insultes au conseiller régional, ainsi qu'à la femme qui l'accompagne. Parmi elles, des insultes homophobes. On peut ensuite voir l'élu et la personne à ses côtés appeler à l'aide le personnel du bar.

Dans une seconde vidéo, cette fois partagée par Julien Odoul directement, les injures continuent, du même acabit. "Je te baise ta mère", "salut homosexuel", " tu viens à la ZUP, tu viens à Sens je te baise ta mère", peut-on notamment entendre sur les vidéos.

"Insultes publiques, homophobie, menaces de mort... J'ai déposé plainte contre Ridowane Khalil", a écrit l'élu dès le 6 décembre.

Ce fameux Ridowane Khalil, gérant d'une boucherie à Sens, a été interrogé par Le Parisien. Il confirme qu'il s'agit bien de lui derrière les vidéos, et dit avoir reconnu l'élu à la suite de ses déclarations sur le voile. Julien Odoul a été récemment médiatisé après une sortie très critiquée au sein du Conseil Régional, où il demandait à une femme de sortir de la salle parce qu'elle était voilée.

L'auteur de la vidéo "ne regrette pas"

Ridowane Khalil assure dans le quotidien francilien avoir eu une discussion avec l'élu sur ce sujet, lui expliquant "que la polémique qu'il a lancée m'a choqué et que cette femme n'avait pas à être stigmatisée pour son voile". Toutefois, il "ne regrette pas" les insultes mais nie les menaces de mort.

Julien Odoul livre une version différente au Parisien, assurant d'abord que l'échange a duré bien plus longtemps que ce que l'on voit sur les vidéos, puis: "Je n'ai pas entendu quoi que ce soit qui se rapportait au débat sur le voile, je n'ai entendu que des insultes." Il dit avoir déposé plainte vendredi pour menaces de mort, et que la femme qui l'accompagnait a elle aussi déposé plainte.

Dans le journal local L'Yonne Républicaine, le cogérant du bar senonais explique la scène. D'après lui, l'auteur de la vidéo est un de ses "clients habitués", qui voulait que Julien Odoul quitte l'établissement.

"Comme le client filmé était importuné et qu'il me demandait de tenir ma clientèle, j'ai demandé à mon client d'arrêter sa vidéo", raconte le cogérant. "Quelques instants plus tard, j'ai vu qu'il retournait vers le couple attablé et qu'il recommençait à filmer. Cela s'est rapidement arrêté. Le couple a fini par partir."

"De telles menaces contre un élu sont inacceptables"

"Chacun devrait se scandaliser de cette pression sur un élu de la République", a tweeté Marine Le Pen, leader du RN, samedi. "De telles menaces contre un élu sont inacceptables, et je trouve les condamnations de la classe politique bien rares et timides", a écrit Jordan Bardella, vice-président du RN.

"Une fois encore, homophobie et menaces doivent être dénoncées peu importe la personne ciblée", a de son côté publié Marlène Schiappa, secrétaire d'État à l'égalité hommes-femmes, sur Twitter. "Si l’on excuse aujourd’hui l’homophobie sous prétexte que la victime est RN, demain l’homophobie sera excusée pour tout le monde. Non!"
Salomé Vincendon