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Police-Justice

Insultes, crachat... Après la nouvelle agression d'un maire, "il faut prendre l'ampleur du phénomène"

Le président de la commission des lois présente ce mercredi son plan d’action pour la sécurité des maires après des agressions en série qui ont eu lieu cet été. Dimanche encore, un édile d’une commune de la Loire a été pris pour cible par une femme de 34 ans.

Insultes et crachats. Dimanche, le maire de Montbrison, dans la Loire, a fait les frais de l’agacement d’une riveraine. Vers 14h00, l’élu Christophe Basile est interpellé par des hurlements dans un parc de sa commune. Il aperçoit un groupe d’individus et s’en approche pour les calmer mais une femme l’invective.

"Je lui répétais qu’il fallait qu’elle arrête, que c’était au maire qu’elle parlait, son mari aussi le lui disait. Elle a répondu: 'J’en ai rien à foutre que ce soit le maire' et elle m’a craché dessus", raconte-t-il à BFMTV.

361 maires agressés en 2018

Le 15 août dernier, un autre maire de la Loire est lui aussi agressé. En pleine fête communale, Pierre Devedeux tente de calmer un individu qui prend à parti les riverains. L’homme l’insulte et lui assène un coup de poing.

Pour ces faits, il a été condamné à "un an de prison ferme et six mois de sursis. La justice a bien fait son travail et ça a permis d’éveiller les consciences et de prendre l’ampleur du phénomène", commente celui qui s’ajoute à la longue liste des édiles violentés.

En 2018, 361 maires ont été victimes d’agressions, dont 40% physiquement, selon le ministère de l’Intérieur.

C’est la mort du maire de Signes, renversé en août par une camionnette dont il voulait verbaliser les occupants, qui a convaincu le Sénat de lancer un plan d’action pour la sécurité des édiles. Confrontés à la violence, ces derniers ont de moins en moins envie d’endosser le rôle de maire. L’examen du projet de loi, intitulé "Engagement et Proximité" débute ce mercredi en commission au Sénat et a pour but de répondre à leur crise de vocation.

Ambre Lepoivre