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L'alerte de Macron sur les libertés menacées selon lui par le FN

Emmanuel Macron met en garde contre les menaces qui pèseraient sur les libertés des Français si Marine Le Pen était élue.

Emmanuel Macron met en garde contre les menaces qui pèseraient sur les libertés des Français si Marine Le Pen était élue. - Eric FEFERBERG / AFP

Le candidat d'En Marche! pointe les dangers d'une accession du FN au pouvoir et énumère les libertés qui seraient menacées, selon lui. Il s'inquiète en particulier de l'accès des femmes à l'IVG et de la liberté de la presse.

C'est l'une de ses tactiques d'entre-deux tours, pour combattre le Front national et sa candidate. Depuis plusieurs jours, Emmanuel Macron met en garde contre les menaces que ferait peser l'accession du FN au pouvoir sur les libertés des Français. La liberté des femmes, tout d'abord, et en particulier leur accès à l'interruption volontaire de grossesse (IVG). La liberté des couples homosexuels ensuite, la liberté de la presse également, et enfin la liberté des opposants politiques.

Plus qu'au programme de Marine Le Pen, expurgé des propositions les plus radicales ces dernières années, le candidat d'En Marche! s'en prend au discours du Front national et à ses méthodes. Après avoir lancé cet avertissement lors de ses derniers meetings, comme lundi à La Villette, Emmanuel Macron a réitéré ses propos ce mardi matin sur BFMTV et RMC.

"Si Madame Le Pen est élue, je pense très profondément que nos libertés seront en danger", a-t-il estimé. 

Des journalistes empêchés de travailler

Répondant aux questions de Jean-Jacques Bourdin, le candidat d'En Marche! a cité en premier lieu les menaces qui pèseraient sur la liberté de la presse si Marine Le Pen accédait au pouvoir, lui reprochant "sa pratique comme candidate". Pendant toute la campagne, les journalistes en charge de suivre le FN pour Mediapart et pour l'émission Quotidien ont été interdits d'assister aux meetings de Marine Le Pen. Ces deux médias sont presque systématiquement refusés dans ce genre d'événements traditionnellement très médiatisés depuis 2012, la seule exception ayant été la soirée électorale du premier tour de la présidentielle, à laquelle seul Quotidien a pu assister.

Lors du meeting de Marine Le Pen lundi à Villepinte, en Seine-Saint-Denis, plusieurs des journalistes présents ont dénoncé les conditions dans lesquelles ils ont dû travailler. L'espace qui leur était réservé était très éloigné de la scène et plusieurs ont eu l'interdiction de parler à des militants pour les interviewer, comme il est normal de le faire lors d'un tel déplacement. 

Un "Ordre des journalistes" qui divise

Enfin, Emmanuel Macron a dénoncé en particulier le projet de créer un "Ordre des journalistes", évoqué récemment par un élu FN sur le plateau de LCI.

"On veut créer un Ordre des journalistes qui pourra sanctionner les pratiques mauvaises", a déclaré Aymeric Merlaud, conseiller régional des Pays-de-la-Loire.

Une proposition qui ne figure pas dans les "engagements présidentiels", socle programmatique de Marine Le Pen, comme s'est défendu Florian Philippot, mais qui a été évoquée par la candidate elle-même dès 2012. 

"Je vois le projet qui a été ébruité, d’un Ordre des journalistes (...) mais moi, depuis l’Italie des années 30 je n’avais pas vraiment croisé ça", a dénoncé Emmanuel Macron, évoquant le régime fasciste de Mussolini. 

"L'ambiguïté" du FN sur l'IVG

Le candidat d'En Marche! reproche également à Marine Le Pen et au FN leur ambiguïté à propos de l'IVG. Un thème qui ne figure pas dans le programme officiel de la candidate, mais qui a été abordé à de nombreuses reprises ces dernières années.

"On a une grande ambiguïté du projet Front national sur l’IVG. On a tout entendu, comme d’habitude. Mais j’ai entendu des dirigeants de premier plan vouloir revenir sur l’IVG", a déclaré Emmanuel Macron mardi matin. 

Dans une interview au quotidien catholique Présent, Marion Maréchal-Le Pen défendait en décembre dernier l'idée "revenir sur le remboursement intégral et illimité de l’avortement car les femmes sont des êtres responsables qui doivent être traités comme tels". "Il n'y aura aucune modification, ni du périmètre, ni de l'accès, ni du remboursement de l'IVG", avait soutenu Marine Le Pen quelques jours plus tard.

Marine Le Pen et les "avortements de confort"

Pourtant, si elle a évolué sur cette question, Marine Le Pen elle-même a plusieurs fois évoqué l'idée de limiter l'accès à l'avortement, insistant sur sa volonté de réduire leur nombre et allant jusqu'à dénoncer des "avortements de confort" en 2012. Dans son premier livre, A Contre flots, en 2006, elle citait "la possibilité éventuelle de refuser l’avortement en accordant (aux femmes) les moyens d’assurer à leur enfant un avenir correct". 

Emmanuel Macron pointe enfin les attaques du FN "à l'égard des opposants politiques" et "des propos indignes à l'égard des couples de même sexe". Dans son programme, Marine Le Pen propose d'abroger la loi Taubira, qui a permis le mariage des couples homosexuels, et de la remplacer par un "Pacs amélioré", sans effet rétroactif, donc sans défaire les mariages déjà contractés. 

Le candidat d'En Marche!, lui, s'est engagé à défendre et protéger ces acquis et à ouvrir l'accès à la procréation médicalement assistée (PMA) aux couples de femmes et aux femmes célibataires. Il promet aussi de défendre l'accès à l'IVG, sans autre précision. Concernant les droits des femmes, Marine Le Pen n'évoque qu'une proposition en particulier: "mettre en place un plan national pour l'égalité salariale" entre les hommes et les femmes.

Charlie Vandekerkhove