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Juppé, Sarkozy, Morano: quand Hollande se lâche sur ses adversaires

Le chef de l'Etat multiplie les confidences aux journalistes, et en profite pour railler ses adversaires, parfois brutalement.

Elle est loin, l'image du "président des bisous", cet homme affable et rond parfois accusé de manquer d'autorité. Depuis, le temps a passé et François Hollande s'est confié plus d'une fois à des journalistes. Un nouveau livre, Un président ne devrait pas dire ça de Gérard Davet et Fabrice Lhomme, s'apprête à paraître jeudi, livrant de nouvelles confidences sur le quinquennat. Mais pas seulement: l'un des exercices favoris de François Hollande consiste également à couvrir ses adversaires de piques assassines. Et depuis quelques mois, il ne se fait pas prier.

La droite est notamment la première visée, en particulier Alain Juppé et Nicolas Sarkozy. Le maire de Bordeaux, favori des sondages pour la primaire à droite, constitue une cible. Dans Conversations privées avec le président, d'Antonin André et Karim Rissouli, François Hollande dégaine: "Ce que les Français attendent, c'est du neuf. Du neuf avec des vieux, pourquoi pas? C'est ce qu'espère Juppé". Dans l'ouvrage de Gérard Davet et Fabrice Lhomme,  il raille son concept "d'identité heureuse": "Ce qu'il veut, c'est plutôt la solidarité malheureuse".

Nicolas Sarkozy n'est pas épargné lui non plus. Les attaques de François Hollande contre son meilleur ennemi ont commencé il y a longtemps. Dans Ca n'a aucun sens, le livre d'Elsa Freyssenet paru en août, il lance à propos de son rival: "Il considère qu'il n'y a personne d'autre à droite, qu'il est entouré de médiocres et qu'il a été battu par un incapable". Un portrait politique sans ambages.

Sarkozy, "un lapin Duracell"

Mais c'est plutôt sur sa personnalité que le chef de l'Etat se plaît à tirer à boulets rouges. Lors d'une rencontre avec Gérard Davet et Fabrice Lhomme, il qualifie son prédécesseur de "lapin Duracell, toujours en train de s'agiter", puis le compare à un "petit de Gaulle. On a eu Napoléon le petit, eh bien là, ce serait de Gaulle le petit". Une allusion à peine discrète à la petite taille de l'ancien président.

Les deux auteurs ne le cachent pas: François Hollande a développé une véritable aversion pour Nicolas Sarkozy, et n'hésite pas à souligner sa "grossièreté, sa méchanceté, son cynisme". Puis il ajoute: "Il s'entoure de gens d'argent. Pourquoi? (…)". Le tout, en sachant parfaitement que ses propos seraient rapportés dans un livre, lui-même repris par la presse.

A droite, Nadine Morano en prend elle aussi pour son grade. "Une Le Pen en plus maigre", selon François Hollande qui estime que "comme une enfant, elle écoute les conversations des parents et les répète".

Même à gauche, François Hollande n'épargne pas forcément non plus ses petits camarades. Les écologistes sont "des cyniques et des emmerdeurs", et les frondeurs la preuve qu'une "agrégation de gens intelligents peut faire une foule idiote". Quant à Emmanuel Macron, François Hollande préfère rappeler qu'il ne serait rien sans lui: "Macron, c'est moi", explique-t-il en toute simplicité. L'intéressé appréciera.

Ariane Kujawski