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Hollande: la surenchère des confidences

Un nouveau livre de confidences du chef de l'Etat à des journalistes sort jeudi, témoin de l'appétit de dialogue du chef de l'Etat avec la presse.

François Hollande aime parler aux journalistes. Le chef de l'Etat ne l'a jamais caché: la conversation avec eux l'intéresse, et il aime distiller ses confidences au fur et à mesure des rencontres. Depuis son passage au Matin de Paris, où il fut chroniqueur, puis à la tête du PS, François Hollande a pris l'habitude de dialoguer avec eux, d'échanger des SMS et de partager des déjeuners en leur compagnie.

Son arrivée à l'Elysée, n'a rien changé à ses habitudes, au contraire. Au point qu'en l'espace de trois mois, trois ouvrages sont sortis sur les coulisses de la présidence Hollande: Conversations privées avec le président (Antonin André et Karim Rissouli, Albin Michel), paru le 18 août, Ca n'a aucun sens (Elsa Freyssenet, Plon) paru une semaine plus tard, et enfin Un président ne devrait pas dire ça (Gérard Davet et Fabrice Lhomme, Stock), ce jeudi 12 octobre.

Chaque livre est le fruit de dizaines d'heures de conversations: 12 avec Elsa Freyssenet, plus de 30 pour Antonin André et Karim Rissouli, et plus de 60 pour Gérard Davet et Fabrice Lhomme. En quatre ans et demi de mandat, François Hollande aura donc accordé plus d'une centaine d'heures de conversations privées à ces journalistes.

Des confidences parfois mal reçues

Pour le livre à paraître jeudi, les auteurs précisent même s'être entretenus en tête à tête avec le chef de l'Etat, "à l'Elysée ou au domicile des deux auteurs". Avec eux, François Hollande se livre sur sa vie privée – ils racontent d'ailleurs l'arrivée impromptue de Valérie Trierweiler à l'un des dîners chez les auteurs, mais évoque aussi ses ennemis politiques, comme Nicolas Sarkozy, ce "lapin Duracell, toujours en train de s'agiter".

Des sorties superflues? Du côté de l'Elysée, on assure que "cela permet de remettre en perspective le quinquennat, de donner un sens global, de revenir sur les éléments heureux mais aussi malheureux du mandat", rapporte Le Figaro. "Les Français ont besoin d'explications", ajoute une autre source. Mais ces confidences sont parfois très maladroites. La phrase "sur le chômage, je n'ai pas eu de bol" issu du livre Conversations privées avec le président, avait ainsi été mal reçue, notamment dans l'opposition. 

Ces petites phrases savamment distillées pourraient aussi fournir un argument facile à ses concurrents. Dans Le Figaro Magazine, Nicolas Sarkozy avait d'ailleurs attaqué le chef de l'Etat sur le sujet cet été: "Un président de la République qui a le temps d'alimenter de confidences deux livres de journalistes en les recevant tout au long de ce quinquennat à plus de 90 reprises, je vous dirai simplement que nous n'avons pas (…) le même sens des priorités".

François Hollande semble pourtant assumer son goût pour les relations avec la presse. Il sait aussi que, à défaut de pouvoir rendre publique trop tôt sa candidature à la présidentielle de 2017, les ouvrages à son propos lui permettent d'occuper le terrain, et de capter l'attention. Quitte à parfois en faire un peu trop.

Ariane Kujawski