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Jospin, Mélenchon et le sexisme en politique: Royal règle ses comptes

Ségolène Royal en 2017 - Image d'illustration

Ségolène Royal en 2017 - Image d'illustration - Gabriel Bouys - AFP

L'ancienne concurrente de Nicolas Sarkozy au second tour de l'élection présidentielle 2007 revient sur les nombreuses attaques dont elle a été victime lors de sa campagne.

Comme elle le raconte dans son ouvrage Ce que je peux enfin vous dire, Ségolène Royal, l'actuelle ambassadrice des pôles arctique et antarctique, a été lors de la campagne pour l'élection présidentielle de 2007 victime de violentes attaques. Injures, invectives sexistes, la première femme a avoir atteint le second tour du scrutin en France règle ses comptes.

Invitée ce samedi sur le plateau de On n'est pas couché, elle en a également profité pour faire le point sur le statut des femmes dans le paysage politique actuel. Interrogée par Laurent Ruquier sur le titre de son livre, qui pourrait faire référence à un ouvrage consacré à son ancien conjoint François Hollande, Un président ne devrait pas dire ça, cette dernière réplique:

"J'existe juste sans mon ex, si vous voulez. Au bout de dix ans, j'ai peut-être un petit peu le droit de m'émanciper et d'exister un petit peu par moi-même."

Lâchée par les "éléphants" du PS en 2007

"Pour un certain nombre d'hommes, dont le cerveau n'a pas beaucoup évolué, les femmes sont encore des intruses en politique" a-t-elle poursuivi, déplorant le manque de soutien des pontes du PS qui, lors de la campagne de 2007, lui avaient tourné le dos.

"Je pense que les hommes de mon camp ont compris que je pouvais gagner, que c'était possible. Alors leur ego et leur acharnement ont redoublé parce qu'ils ont ont préféré la victoire de mon adversaire en se disant qu'ils reprendraient la main dans cinq ans."

Jean-Luc Mélenchon, l'actuel homme fort de La France Insoumise, lui aurait notamment lancé à l'époque que "l'élection présidentielle n'est pas un concours de beauté." Ces attaques, qui pour beaucoup venaient de son propre camp, se sont multipliées au fil des mois.

Le mépris de Lionel Jospin

Une autre personnalité politique est également visée: l'ancien Premier ministre Lionel Jospin, qui la méprisait profondément selon elle:

"Il attaque une femme qui a été au second tour de la présidentielle, ce qu'il n'avait pas réussi à faire", reprend-t-elle sur le plateau de France 2. "Il me traite de personnage secondaire de la vie politique alors que j'ai le même itinéraire que lui, j'ai les mêmes diplômes que lui, j'ai même plus d'expérience politique que lui."

Pour Ségolène Royal, cette période douloureuse et difficile reste marquante. "Je me demande comment j'ai pu accepter ça, pourquoi j'ai subi ça..." conclut-elle sur le plateau...

Adversaire de Nicolas Sarkozy en 2007

Au sein d'un Parti socialiste qui avait encore du mal à se remettre de sa déroute de 2002, Ségolène Royal faisait, en 2006, figure d'outsider pour devenir la candidate du parti de gauche pour l'élection présidentielle. Au terme d'une primaire enlevée, où elle était opposée entre autres aux "éléphants" Dominique Strauss-Kahn et Laurent Fabius, elle remportait le vote avant de débuter sa campagne.

Hugo Septier