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Jean-Luc Mélenchon "consterné" par l'attitude de Benoît Hamon

La question d'une candidature commune accompagne la campagne des deux hommes depuis la victoire de Benoît Hamon, à la primaire à gauche. Mais celui-ci a paru mettre fin aux échanges ce week-end, ayant peu goûté une formule de Jean-Luc Mélenchon. Le leader de la "France insoumise" a jugé cette fin de non-recevoir "consternante".

Dans les deux cas, c'était une question de distance. Et les images respectives ont fini par creuser celle qui sépare désormais le candidat de la "France insoumise" du représentant du Parti socialiste et de ses alliés. Ce vendredi, Jean-Luc Mélenchon avait lancé qu'il ne comptait pas "s'accrocher au vieux corbillard du PS". Ce week-end, depuis Lisbonne, au Portugal, où il est en déplacement, Benoît Hamon a rétorqué:

"Je ne courrai pas après Jean-Luc Mélenchon. Je ne courrai après personne".

Le député élu dans les Yvelines a même ajouté qu'il était le "mieux placé" pour faire gagner la gauche. Une analyse qui paraît enterrer toute possibilité d'un rapprochement des deux candidatures et, plus encore, leur fusion sous une unique bannière. Une alliance avortée dont Jean-Luc Mélenchon considère qu'elle est de la responsabilité de son concurrent. 

Jean-Luc Mélenchon ne va pas "passer (sa) vie là-dessus"

"C'est consternant!" a ainsi déploré le quatrième homme de l'élection présidentielle de 2012 devant la caméra de BFMTV. Le député européen a donné sa version des événements:

"Benoît Hamon fait toute une campagne sur le thème: 'Moi, je parlerai à tout le monde. J’appellerai Jean-Luc Mélenchon le lendemain.' Moi, j’ai attendu. Je ne voulais pas faire le mec qui se précipite, trois semaine, ça va! Et c’est moi qui ai dû dire à Strasbourg: 'Ecoutez, maintenant, il faut arrêter la comédie!' Voilà, j’ai proposé une date de rendez-vous. Aussitôt, il m’a envoyé un sms, nous nous sommes parlés. Au moment où il est parti au Portugal, on a réglé quelques détails pour que ce soit possible."

Cette prometteuse genèse a cependant débouché aussitôt sur le déluge: "Et puis, après j’apprends que, non, non, j’aurais fermé la porte…Alors que c’est quand même moi qui ait fait le pas! Je trouve ça un peu dommage mais je ne vais pas passer ma vie là-dessus", évacue Jean-Luc Mélenchon.

Alliance...ou "synthèse foireuse"

Enfin, le candidat à la présidentielle a adressé une dernière saillie à Benoît Hamon afin de le ramener aux manoeuvres de la rue de Solférino, siège du PS:

"Je suis juste un responsable politique qui assume sa position. Et moi, je ne suis pas en train de faire le congrès du PS. Mon problème, c’est pas la synthèse foireuse à deux heures du matin, avec des points et des virgules."

Parmi les garanties que Jean-Luc Mélenchon demandait à l'ancien ministre de l'Education nationale vendredi avant d'envisager une éventuelle alliance figurait la rupture totale avec l'ancien quinquennat et la mise à l'écart de personnalités emblématiques de la politique suivie durant celui-ci aux prochaines législatives. Il visait notamment Myriam El Khomri, Bruno Le Roux et Manuel Valls. Cette exigence traduisait la volonté de Jean-Luc Mélenchon de clarifier l'orientation de la campagne de Benoît Hamon mais avait déjà été rejetée par l'intéressé. 

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Benoît Hamon

Robin Verner