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Irak, Gaza: Fillon, Juppé et Raffarin demandent à Hollande l'intervention de la France

François Fillon, Jean-Pierre Raffarin et Alain Juppé, le 8 juillet 2014, à Paris.

François Fillon, Jean-Pierre Raffarin et Alain Juppé, le 8 juillet 2014, à Paris. - Kenzo Tribouillard - AFP

L'UMP presse François Hollande d'intervenir au Proche Orient afin d'éviter le "déshonneur". François Fillon, Alain Juppé et Jean-Pierre Raffarin estiment qu'un "engagement massif" est nécessaire, notamment pour venir en aide aux populations civiles réfugiées en provenance de Gaza et d'Irak.

Les cadors de l'UMP sont inquiets: "Le Proche-Orient brûle." François Fillon, Alain Juppé et Jean-Pierre Raffarin ont exhorté ce mercredi François Hollande à intervenir au Proche Orient -Gaza et Irak- pour éviter "le déshonneur".

Dans une lettre ouverte au chef de l'Etat publiée par le journal Le Monde daté du 14 août, les trois ex-Premiers ministres proclament: "la France a le devoir de faire entendre sa voix. Au risque du déshonneur". Ils demandent notamment "un engagement massif" de l'UE pour les réfugiés et "le soutien sans ambiguïté" aux actions militaires pour stopper l'avance des jihadistes en Irak.

Coïncidence ou pas, ce mercredi, l'Elysée a confirmé que la France allait envoyer des armes aux Kurdes d'Irak.

"Le Proche-Orient brûle"

"Le Proche-Orient brûle et l'Europe regarde ailleurs!", s'exclament les trois dirigeants d'opposition dans une formule faisant écho au cri d'alarme poussé en 2002 par Jacques Chirac sur l'environnement ("notre maison brûle et nous regardons ailleurs"). "Tous les fragiles équilibres de cette région sont remis en cause", analysent les trois dirigeants d'opposition. "Les Etats-Unis et la Russie y ont perdu une grande partie de leur influence. De nouvelles puissances émergent : l'Iran, la Turquie. Les Etats arabes sont affaiblis par les désordres qui affectent leurs sociétés".

"Il en résulte une résurgence du conflit religieux entre chiites et sunnites avec ses conséquences dramatiques sur les minorités chrétiennes d'Orient. Le conflit israélo-palestinien est dans une impasse sanglante à Gaza".

"L'Europe n'a pas seulement le devoir d'intervenir, c'est son intérêt", martèlent les trois ex-chefs de gouvernement. "Le cratère ouvert de Syrie et celui de l'Irak nourrissent une menace terroriste franco-européenne qui demain, peut avoir des conséquences redoutables sur la sécurité de notre pays et de l'Europe". De plus "la zone est capitale pour notre sécurité énergétique". "Depuis deux ans, la politique étrangère française oscille au Proche-Orient entre passivité et suivisme. Celle de l'Europe y est illisible", déplorent-ils.

Cambadélis répond pour le PS

Le premier secrétaire du PS Jean-Christophe Cambadélis a répliqué: "la question n'est pas de sauver l'honneur de la France" mais "de sauver des vies dans une guerre civile épouvantable".

"Hier, les mêmes n'avaient pas de mots assez durs sur la France intervenant au Mali sans l'Europe. Et là où la France est déjà engagée seule sur plusieurs théâtres d'intervention, elle cherche aux Nations unies ou à Bruxelles à entraîner la communauté internationale", détaille-t-il

Jean-Christophe Cambadélis reproche au trio de l'UMP de n'avoir manifesté "une telle sollicitude vis-à-vis des prises de position du Président (François Hollande) sur la Syrie" dans le conflit armé entre le régime de Bachar al-Assad et l'opposition syrienne. "On se demande pourquoi", ironise-t-il.

A.S. avec AFP