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Intervention du Président : nos politiques réagissent... Et vous ?

Nicolas Sarkozy, lors d'une émission spéciale sur France 2 à la veille de la présentation d'un projet de loi sur la refonte des retraites

Nicolas Sarkozy, lors d'une émission spéciale sur France 2 à la veille de la présentation d'un projet de loi sur la refonte des retraites - -

En pleine affaire Bettencourt-Woerth, Nicolas Sarkozy a tenté de recentrer le débat sur la réforme des retraites. Opération déminage réussie ? Politiques et vacanciers réagissent. Donnez vous aussi votre avis dans ce forum !

Une heure dix pour convaincre : Nicolas Sarkozy interviewé depuis l'Elysée ce lundi soir sur France 2 par David Pujadas. Après un mois de polémiques autour de l'affaire Bettencourt, le Président a tenté de recentrer le débat sur ce qu'il estime être l'essentiel, la réforme des retraites, et sur laquelle il est resté ferme : il ne reviendra pas sur le recul à 62 ans de l'âge de départ à la retraite, ni sur l'alignement des cotisations retraites public/privé.
Il a également réaffirmé avec force son soutien à Eric Woerth, à qui il conseille de quitter son poste de trésorier de l'UMP. Pour le reste, peu d'annonce mais la confirmation d'un remaniement en octobre. Dans le forum ci-dessous, dites-nous ce que vous en pensez !

Les réactions de la classe politique

A gauche, les critiques fusent. La première secrétaire du Parti socialiste, Martine Aubry, estime que l'intervention télévisée de Nicolas Sarkozy se résume à de « l'auto-persuasion » et de « l'auto-satisfaction » : « La France de Sarkozy, c’est Mme Bettencourt qui reçoit 30 millions d’euros pour le bouclier fiscal et c’est 30 millions de Français qui sont à quelques euros près pour terminer leur mois ».
Et Benoît Hamon, le porte-parole du PS, d’ajouter : Nicolas Sarkozy est « le principal obstacle » à la vérité dans l'affaire Bettencourt/Woerth.

Au centre, tandis que François Bayrou a appelé la classe politique à un sursaut, Marielle de Sarnez, vice-présidente du Modem, ajoute : « Sur les affaires, je suis toujours surprise quand les responsables politiques ne comprennent pas en quoi telle chose peut choquer les Français. Sarkozy n’a pas exprimé cela. Toutes ces questions d’institutions, de séparation des pouvoirs, d’indépendance de la justice – ce que nous qualifions, nous, de République à reconstruire –, sont encore devant nous ».

A droite, Marianne Montchamps, porte-parole de République solidaire, le parti de Dominique de Villepin, souligne que le chef de l'Etat a longuement évoqué la justice, mais qu’il a surtout oublié d’aborder « la justice sociale » : « Un non-sujet pour le Chef de l’Etat ; idem pour le bouclier fiscal. Comme si la France n’était pas percutée par cette crise qui fragilise beaucoup de Français qui n’ont pas le choix ! »

Et à l'UMP on ne tarit pas d'éloges. Frédéric Lefebvre, porte-parole du parti de la majorité, salue « la détermination sans faille, loin des polémiques » du président de la République. « Il a raison de soutenir Eric Woerth, qui est un homme honnête, qui a été sali jour après jour », a-t-il ajouté.
Pour Jean-François Copé, chef de file des députés UMP à l'Assemblée, cette « prise de parole forte et rassurante, qu’attendaient les Français » est réussie et « redonne le cap de l'action du gouvernement. »

Des vacanciers, « pas convaincus du tout »

Alain, qui vient de Seine-Maritime, est à la retraite depuis le 1er juillet dernier. Et sur ce thème, il n’est « pas convaincu du tout » par le discours de Nicolas Sarkozy : « Qu’on prenne en considération les revenus, et surtout les gros ! », lance-t-il.

Michel, un Parisien habitué du camping, est lui assez critique quant à l’attitude du Président qui a défendu Eric Woerth : « Il noie le poisson, pour protéger des ministres qui ont profité de nos deniers… C’est dommage, d’autant que j’ai voté pour lui », ajoute-t-il, déçu.

La Rédaction, avec A. Roger et J.-W. Forquès