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Incendie de Notre-Dame: Dupont-Aignan maintient ses doutes et dit que l'exécutif veut le "faire taire"

Nicolas Dupont-Aignan, président de Debout la France, le 29 avril 2019

Nicolas Dupont-Aignan, président de Debout la France, le 29 avril 2019 - Capture BFMTV

Invité sur BFMTV et RMC ce lundi, le président de Debout la France s'est dit "blessé" par les attaques dont il a fait l'objet en mettant en doute les sources accidentelles de l'incendie qui a ravagé la cathédrale parisienne.

Il a pu le marteler via plusieurs médias, mais s'estime malgré tout réduit au silence par l'exécutif. Ce lundi matin sur notre antenne, le chef de file de Debout la France, Nicolas Dupont-Aignan, a été interrogé sur ses propos au sujet de l'incendie de Notre-Dame de Paris. La veille, le candidat aux élections européennes a déclaré sur France Inter que "sans aucun doute, le pouvoir cache quelque chose" sur ce drame. Quelques jours auparavant, il déclarait s'interroger sur l'hypothèse d'un attentat.

Confronté à cette mise en cause, vraisemblablement fondée sur aucune preuve tangible, le député souverainiste de l'Essonne persiste et signe. 

"J'ai posé cette question (des causes de l'incendie, NDLR) de manière innocente, sans privilégier aucune piste, du tout, (...) et face à ça, ce qui est normal en démocratie, ce que tous les Français se posaient comme question, j'ai été (...) attaqué, sali presque. On m'a traité de complotiste, on m'a traité de démagogue, on m'a traité de tous les noms, (...) j'en ai été blessé", s'est plaint Nicolas Dupont-Aignan. 

"Quelque chose de pas normal"

Sans toutefois réitérer que le gouvernement dissimulait des éléments de l'enquête en cours, l'ex-candidat à l'élection présidentielle a maintenu qu'il n'avait aucun doute sur le fait "qu'il y ait quelque chose de pas normal" dans ce dossier. 

Et Nicolas Dupont-Aignan de faire référence à Benjamin Mouton, ancien architecte en chef de Notre-Dame qui, invité de LCI le 16 avril, avait exprimé ses doutes quant à la rapidité avec laquelle le bois de la charpente, très solide, avait pu prendre feu.

"J'ai cherché à le joindre et il est parti, me dit-on, en Chine pour de longues semaines. (...) Il a le droit bien sûr, mais j'aimerais qu'on l'entende", a affirmé le patron de DLF, soulignant implicitement combien cette absence était curieuse.

L'intervention télévisée de Benjamin Mouton avait troublé de nombreux internautes (et Nicolas Dupont-Aignan, donc) et a été vite considérée comme une première entaille dans la théorie de l'accident pur et simple. Elle a été plus tard décryptée par les Décodeurs du Monde.

Quant à l'accessibilité des "experts", que pointe du doigt le député DLF, elle a fait l'objet d'un article de CheckNews. Le 19 avril, le site hébergé par Libération a pu vérifier que les demandes d'interviews d'architectes transitent désormais par le ministère de la Culture afin que les prises de parole soient plus "contrôlées". Mais de censure, il ne semble point être question. 

"Malaise démocratique"

Poursuivant son propos, Nicolas Dupont-Aignan a dit souhaiter "qu'on sache ce qu'il s'est passé".

"J'aimerais que le seul homme politique qui ait eu le courage de le faire et de le dire (lui, NDLR), on ne lui tombe pas dessus, ou du moins on le respecte", a-t-il martelé, se plaignant de ne plus être "dans une vraie démocratie".

Invité régulièrement dans des médias nationaux, l'élu francilien fustige le "malaise démocratique" dont souffre la France d'après lui.

"J'estime que, face à ce que je reçois dans la figure de la part du petit milieu politico-médiatique, je crois que tout est fait pour me faire taire", a-t-il ajouté.

Pour l'heure, Nicolas Dupont-Aignan n'a pas encore dévoilé d'éléments tangibles concernant les circonstances de l'incendie de Notre-Dame. 

Jules Pecnard