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Hollande, avare d'annonces, promet un gel des impôts

François Hollande sur le plateau de TF1, le jeudi 6 novembre 2014.

François Hollande sur le plateau de TF1, le jeudi 6 novembre 2014. - AFP

"Cramponné" depuis deux ans et demi à sa tâche, François Hollande s'est engagé jeudi à réformer la France jusqu'au terme de son quinquennat, promettant qu'il n'y aurait l'an prochain aucun impôt supplémentaire pour "qui que ce soit".

François Hollande s'est évertué jeudi soir, sur TF1 et RTL, à restaurer l'optimisme des Français même s'il a reconnu des "erreurs" politiques ou dans sa vie privée, lors d'un face à face avec les Français sans précédent depuis 2012. Voici ce qu’il fallait retenir de cette interview.

# Le mea culpa : "J'ai commis des erreurs"

"La réalité est dure pour beaucoup de nos concitoyens, brutale dans le monde", a d’abord lancé le chef de l'Etat, reconnaissant, à mi-mandat, avoir commis "des erreurs". Notamment en 2013 lorsqu'il a promis l'inversion de la courbe ascendante du chômage.

François Hollande a d'ailleurs confirmé qu'il ne se représenterait pas en 2017 si le chômage ne reculait pas d'ici là.

# Vie privée: "Je ne veux pas me défausser, mais..." 

"Si j'ai pu faire des erreurs, je les reconnais", a également concédé François Hollande, interpellé sur sa vie privée. Mais "il y a une intimité à respecter", a insisté le chef de l'Etat, refusant la "vulgarité". Interrogé sur sa "part de responsabilité" dans le caractère "impudique" de son quinquennat, François Hollande a jugé que la responsabilité était "collective". "Je ne veux pas me défausser, mais il y a un moment aussi où il faut respecter la vie privée, l'intimité", a-t-il dit.

"Pénétrer la vie privée, aller photographier, comme cela a encore été le cas cet été où j'étais en vacances, vous toléreriez ça? Un individu quelconque tolérerait d'être poursuivi, pourchassé?", a-t-il demandé.

"Je prends le monde tel qu'il est, et la réalité de la presse telle qu'elle, d'une certaine presse. Mais je ne demande pas qu'on me juge sur les mauvais comportements des autres", a-t-il ajouté.

# Les annonces: un nouveau contrat aidé

Interpellé par une chômeuse de 60 ans, l'un des quatre Français invités à l'interroger, François Hollande a annoncé le retour de l'Allocation équivalent retraite (AER) ainsi que des contrats aidés pour les chômeurs proches de la retraite.

Puis, le Président a promis qu'il n'y aurait l'an prochain aucun impôt supplémentaire pour "qui que ce soit".

Par ailleurs, la France sera candidate à l'organisation de l'exposition universelle de 2025, a indiqué François Hollande, qui s'est également dit favorable à la tenue des Jeux olympiques à Paris en 2024. "Je suis favorable à ce que la ville de Paris, si elle en décide, présente sa candidature", a-t-il insisté.

# La mise au point : Valls "applique", Hollande "décide"

François Hollande s'est, enfin, permis une mise au point à l'égard de son Premier ministre, Manuel Valls, qui "applique la politique" que le chef de l'Etat a lui-même fixée. Comme un clin d'oeil au "je décide, il exécute" de Jacques Chirac visant Nicolas Sarkozy le 14 juillet 2004.

"Manuel Valls est un bon Premier ministre, et tant mieux si les Français le jugent ainsi. Il applique la politique que j'ai moi-même fixée pour la Nation et nous sommes dans une équipe", a insisté le président de la République.

# Le leitmotiv: "moi, Président cramponné"

"Depuis deux ans et demi, je me cramponne", a scandé, à plusieurs reprises, le Président le plus impopulaire de la Ve République, dont la cote de popularité est tombée jusqu'à 12%. "Je dois avoir le cuir tanné, être serein, avoir du sang-froid (...) pour réussir une fonction exceptionnelle", a ajouté celui qui avait fait campagne sur le thème du "changement" et du "président normal".

Pour la deuxième moitié de son quinquennat qui s'ouvre, il a promis d'aller "jusqu'au bout" pour "réformer" la France. 

H.F. avec AFP