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Grève du 5 février: la gauche et les gilets jaunes sur le pont

des manifestants arborant des masques à l'effigie de benoït Hamon et Jean-Luc Mélenchon en 2017.

des manifestants arborant des masques à l'effigie de benoït Hamon et Jean-Luc Mélenchon en 2017. - Zakaria ABDELKAFI / AFP

A l'origine, l'idée était de la CGT. A l'évidence, elle a fait tâche d'huile auprès des gilets jaunes et des mouvements de gauche. Ce mardi 5 février, l'appel à la grève générale est repris par de nombreuses personnalités et organisations qui veulent y voir une extension de la colère sociale et politique actuelle.

Une journée de grève à l'appel de la CGT, sur le papier, n'a rien de bien original. Pourtant, après douze samedi de mobilisation des gilets jaunes, l'initiative a su susciter les vocations. Tout d'abord, la CGT a vu s'agréger de nombreuses organisations de travailleurs à son projet de grève générale: Solidaires, mais aussi le syndicat lycéen de l'UNL, ou encore l'altermondialiste Attac.

Enfin, des préavis de grève ont été déposés à la RATP, la SNCF et à Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes. Mais l'intérêt de l'événement est qu'il excède largement la seule sphère syndicale.

De l'extrême gauche aux Insoumis 

A gauche, les politiques ne comptent pas se contenter de regarder les défilés depuis le trottoir. Le PCF a fait part de son soutien, tout comme le Génération.s de Benoît Hamon ou encore le NPA d'Olivier Besancenot et Philippe Poutou. 

"Pour la première fois depuis le début de la mobilisation, les Gilets Jaunes ont décidé de se joindre à une grève annoncée par les syndicats le 5 février 2019. Nous voyons dans cette convergence une possibilité de victoire sociale majeure, en permettant un mouvement d’ensemble durable et reconductible incluant l’ensemble des salarié-es, la population des quartiers populaires et la jeunesse. Nous souhaitons que la grève et les manifestations soient les plus massives possible afin de faire aboutir ces revendications légitimes. C’est pourquoi nous apportons tout notre soutien à cette date", a expliqué la formation anticapitaliste ce dimanche dans un communiqué."

La France insoumise sera aussi du voyage. Eric Coquerel, député élu en Seine-Saint-Denis, a tweeté: 

Mélenchon espère une "nouvelle phase de l'insurrection citoyenne" 

Son confrère élu dans la Somme, François Ruffin, a quant à lui posé dans une vidéo: "Evidemment que j’appelle au 5 février. Il y a la CGT et des gilets jaunes". Il y a une semaine, Jean-Luc Mélenchon explicitait ce qu'il espérait voir sortir de ce 5 février sur son blog:

"Un succès à partir du 5 ouvrirait une nouvelle phase de l’insurrection citoyenne qui dure depuis onze semaines. Les Insoumis sont donc tous mobilisés, j’en suis sûr, pour encourager partout au passage à l’action. Cette date fixe une possibilité de grand saut du mouvement vers ses objectifs politiques."

Les gilets jaunes vont intégrer les cortèges 

Les syndicats et les politiques vont donc occuper leur mardi de la même manière. Et ils ne seront pas seuls. En effet, de nombreux gilets jaunes devraient intégrer les cortèges. Eric Drouet et Maxime Nicolle ont annoncé qu'ils seraient de la partie, tout comme l'avocat de 32 ans, et porte-parole des gilets jaunes de Rouen, François Boulo. Dans une vidéo enregistrée par Le Média, celui-ci a prolongé l'appel initial:

"Les violences que connaît notre pays doivent cesser et nos revendications enfin accueillies. Nous appelons l’ensemble des citoyens français, salariés, intérimaires, fonctionnaires, artisans, commerçants, chefs d’entreprise, agriculteurs, chômeurs, retraités, professions libérales, étudiants, lycéens, artistes, intellectuels, à se mobiliser pour construire à compter du 5 février 2019, la grève générale illimitée."

Il faut encore patienter quelques heures avant de savoir si la grève projetée par la CGT s'avère générale ou non. Mais une chose est sûre: l'appel n'est pas tombé dans les oreilles de sourds. 

Robin Verner