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Grève du 5 décembre: vers une journée sociale explosive?

Réunis en assemblée dimanche à Montpellier, les gilets jaunes ont voté une proposition afin de rejoindre la grève du 5 décembre contre la réforme des retraites.

Mobilisation contre la réforme des retraites, crise aux urgences, manifestations des gilets jaunes... Des foyers de contestation continuent à fleurir et à s'épanouir. Et ne devraient pas s'éteindre au cours des prochaines semaines.

Le 5 décembre, plusieurs syndicats - la CGT, Force ouvrière, la FSU et Solidaires - organisent une journée de grève interprofessionnelle afin de protester contre la réforme des retraites, rejoignant plusieurs organisations syndicales de la SNCF et de la RATP.

Une journée qui pourrait également être un rendez-vous pour une nouvelle mobilisation des gilets jaunes. Réunis ce week-end à Montpellier pour une "Assemblée des assemblées", les gilets jaunes ont voté dimanche une proposition afin de se joindre à cette grève, qui surviendra un peu plus d'un an après l'avènement du mouvement, le 17 novembre 2018.

Ils appellent les gilets jaunes à "être au coeur de ce mouvement avec leurs propres revendications et aspirations, sur leurs lieux de travail ou sur leurs ronds-points, avec leurs gilets bien visibles".

Philippe Martinez encourage cette convergence

La convergence des luttes sociales aura-t-elle lieu? L'option est envisageable pour Philippe Martinez, invité de BFMTV-RMC ce lundi. Lui voit l'initiative d'un très bon oeil:

"Depuis un an on essaie de trouver des convergences et petit à petit on y arrive. (...) Nous avons les même préoccupations, la question du pouvoir d'achat, la question de l'environnement", a assuré le secrétaire général de la CGT.

Notre éditorialiste politique Christophe Barbier juge par ailleurs que le mouvement est loin de s'éteindre, à l'approche de son premier anniversaire.

"Le sentiment d'abandon est toujours là, (...) le chaudron est là, mais depuis un an, le mouvement ne s'est pas organisé, il s'est en partie discrédité par des violences", note Christophe Barbier.

Un socle contestataire épars

Mais si d'aventure les actions syndicales et des gilets jaunes venaient à converger, cela ne pourrait se résumer à une "juxtaposition des motifs contestataires ou de revendications", a estimé sur BFMTV ce lundi Michel Vakaloulis, spécialiste des conflits sociaux.

Pour l'instant, ajoute-t-il, "on ne voit pas la structuration d'un tel socle revendicatif susceptible d'unifier et de synchroniser toutes les frustrations et tous les mécontentements sociaux".

Du côté de l'Élysée, une telle convergence des luttes sociales et des colères jusque-là parallèles serait une mauvaise nouvelle, et la présidence de la République a parfaitement en tête la nécessité d'éviter cette coagulation, qui pourrait générer un blocage du pays.

Camille Langlade avec Clarisse Martin