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Vaste opération de gendarmerie pour l'évacuation de la ZAD de Bure

Une opération d'évacuation a été lancée vers 6h ce matin pour évacuer le site du bois Lejuc, où des militants anti-nucléaires s'opposent à un projet de centre d'enfouissement des déchets radioactifs. Une personne a été interpellée.

Cinq cents gendarmes ont été déployés ce jeudi matin dans la Meuse, pour une vaste opération d'évacuation de la ZAD de Bure. Cette opération menée avant même le petit jour a été annoncée par le ministre de l'Intérieur Gérard Collomb.

L'évacuation, déclenchée à 6h15, vise à "mettre fin à l'occupation illégale" du site du bois Lejuc. Cet espace de 221 hectares est destiné à devenir un centre d'enfouissement de déchets nucléaires, le projet Cigéo. 

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Bure © Capture BFMTV

L'opération "vient mettre à exécution une décision de justice du Tribunal de Grande Instance de Bar-le-Duc", précise le ministère de l'Intérieur dans un communiqué. Saisi en référé par l'Andra, le TGI avait en effet rendu en avril une décision d'expulsion. 

Une personne interpellée

L'évacuation, toujours en cours, s'effectue "sans incident", a précisé la préfète de la Meuse dans la matinée. "Les gendarmes ont procédé à une dizaine de vérifications d'identité et à une interpellation", a indiqué Muriel Nguyen.

La personne interpellée "avait lancé un cocktail Molotov sur les gendarmes qui étaient présents", a précisé plus tard dans la matinée Gérard Collomb, lors d'un déplacement en Seine-et-Marne. 

Les forces de l'ordre vont "progressivement faire sortir les occupants illégaux du bois, procéder au déblaiement des matériaux et rétablir la circulation en toute sécurité", a détaillé la préfète. 

Seul un faible nombre d'opposants au projet - une quinzaine selon la préfète - campaient sur place en permanence. Ils avaient néanmoins lancé un appel pour venir renforcer leurs effectifs dans une dizaine de jours. Désormais, ils appellent à un rassemblement ce jeudi soir à 18h devant la préfecture de la Meuse à Bar-le-Duc. 

Dans une deuxième phase de l'opération, les gendarmes vont dégager les barricades et les cabanes installées dans le bois Lejuc. 

"Il faut bien qu'un jour la loi soit respectée"

"Nous ne voulons plus qu'il y ait des lieux en France qui soient des lieux de non-droit et où l'on puisse s'installer en dehors de toute règle", a commenté le ministre de l'Intérieur. 

"Il faut bien qu'un jour la loi soit respectée", a-t-il jugé, précisant que la décision d'évacuation avait été prise "à la fin de la semaine dernière".

"Un certain nombres de personnes voulaient construire en dur au sein de ce bois, donc nous avons prévenu cette construction et fait en sorte que l'Andra puisse récupérer son bien", a déclaré Gérard Collomb. 

Au moment de l'abandon du projet d'aéroport à Notre-Dame-des-Landes, en Loire-Atlantique, Emmanuel Macron avait annoncé à ses ministres qu'il ne voulait "plus voir ce genre de ZAD en France".

Le Premier ministre avait lui souhaité que "les procédures administratives" dans ce genre de cas soient "menées peut-être un peu plus rapidement qu'aujourd'hui, (pour ne pas laisser) des zones s'enkyster sur des parties du territoire national". 

Des forages exploratoires prévus dans la forêt

Le bois Lejuc a été retenu par l'Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra) pour l'installation des cheminées d'aération du projet Cigéo. Ce dernier vise à enfouir à 500 mètres sous terre les déchets nucléaires les plus radioactifs ou à vie longue du parc français.

L'agence doit réaliser des forages exploratoires dans la forêt afin de récolter des données en vue du dépôt de la demande d'autorisation de création (DAC) du site, prévue pour 2019. Des forages rendus pour l'heure impossibles par l'occupation du bois. Les opposants au projet Cigéo contestent la procédure de cession de ce terrain à l'Andra.

L.A., avec Cécile Ollivier, Antoine Heulard et AFP