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Valls: "La France ne lâchera pas ses agriculteurs"

Manuel Valls a annoncé jeudi une nouvelle série d'aides aux agriculteurs en difficulté, permettant selon lui de répondre aux besoins d'investissement de la filière, ce qui est, selon le Premier ministre, "un message d'amour" du gouvernement.

Manuel Valls a adressé un "message d'amour " aux agriculteurs jeudi, après la démonstration de force de la FNSEA et des jeunes agriculteurs dans les rues de Paris. "C'est un message fort et sincère: vous avez le soutien de la Nation", a-t-il lancé après une réunion avec le président de la FNSEA Xavier Beulin et celui des Jeunes Agriculteurs.

"La France ne lâchera pas ses agriculteurs", a assuré le Premier ministre qui a annoncé des aides totales aux agriculteurs portées à "3 milliards d'euros en 3 ans" et une "année blanche" sur les dettes bancaires, ainsi que des rallonges financières.

Ces annonces correspondent assez précisément aux grandes revendications détaillées par la FNSEA, premier syndicat agricole, à l'origine de la mobilisation. Son président Xavier Beulin a d'ailleurs estimé que le gouvernement avait "entendu" le message des agriculteurs et leur "demande de considération". Mais son compte-rendu de la réunion avec Manuel Valls, depuis le podium installé place de la Nation, a suscité les huées de manifestants, surtout des plus jeunes agriculteurs, très remontés et déçus.

Le Premier ministre a rappelé qu'un conseil des ministres européens se tiendrait à Bruxelles le 7 septembre à ce sujet, parce que "la crise que nous vivons est européenne". "Nous défendrons des mesures à effet immédiat pour faire relever les prix", a-t-il déclaré.

"Les agriculteurs n'ont pas besoin d'aide"

"Les crises du monde agricoles depuis 30 ans ne peuvent pas être banalisées", a déclaré le chef du gouvernement, qui a dit "l'humiliation" de la profession qui malgré ses sacrifices ne parvient pas à joindre les deux bouts.

"Les agriculteurs n'ont pas besoin d'aide, encore moins d'aumône, ils veulent des prix", a proclamé le Premier ministre aux côtés du ministre de l'Agriculture, Stéphane Le Foll.

"Il faut sortir des querelles de chapelle et penser à l'intérêt commun", juge-t-il semblant se rallier à la position du syndicat dominant, la FNSEA.

"Excès de réglementation"

Manuel Valls a également fustigé "l'excès de réglementation", et promis la mise en place d'une nouvelle méthode de définition des normes, "fondée en particulier sur la mise en place de tests et sur l'expérimentation". "D'ici février, et c'est donc une pause, aucune mesure nationale allant au delà des obligations européennes ne sera prise", a-t-il affirmé

K. L.