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Valls enterre l'extension de la déchéance de nationalité à tous les Français

Sur BFMTV, le Premier ministre a rejeté l'idée d'étendre la déchéance de nationalité à tous les Français condamnés pour terrorisme. "La France ne peut pas créer d'apatrides", a-t-il justifié.

Faut-il étendre la déchéance de nationalité à tous les Français condamnés pour terrorisme, comme certains le veulent à gauche? Sur BFMTV mercredi, Manuel Valls a rejeté l'idée. "Il y a une condition qui doit être très claire: la France ne peut pas créer des apatrides, c'est-à-dire des personnes sans nationalité", a-t-il affirmé. 

"Cela n'est pas possible. Cela ne serait pas conforme à l'image, ni aux valeurs, ni surtout aux engagements internationaux de la France. C'est pour ça que nous n'avions pas retenu l'idée de pouvoir déchoir tous les Français de leur nationalité. Je veux être là-dessus extrêmement clair", a-t-il poursuivi.

"La société française doit vivre avec la menace"

Manuel Valls a dû écarter cette idée après l'annonce de l'extension de la déchéance de nationalité aux binationaux nés en France. Une mesure "créant une inégalité" aux yeux d'une partie de la gauche. Certains parlementaires, pour contourner l'accusation d'inégalité, avaient ainsi évoqué l'idée de l'étendre à tous les Français condamnés pour terrorisme.

Idée rejetée, donc, par Manuel Valls. Le Premier ministre se dit d'ailleurs "convaincu que la grande majorité des parlementaires voteront la révision constitutionnelle (...) Je pense que la très grande majorité des parlementaires approuvent".

"Je ne suis pas là pour briser, casser, faire exploser la gauche. Nous sommes là au contraire pour rassembler", a-t-il assuré. "On interroge souvent, et c'est normal, ceux qui sont contre, avec des interrogations, encore une fois, qui sont légitimes et que je respecte. Il faut convaincre, mais nous allons convaincre, j'en suis convaincu".

S'il affirme "tout faire pour lutter contre le terrorisme", et ne pas vouloir "faire peur", Manuel Valls concède toutefois que "la société française doit vivre avec la menace". "Chaque citoyen doit être vigilant. Il faut vivre conscient de cette menace qui est là pendant plusieurs années sans doute. Nous pouvons être frappés à tout moment". 

A. K.