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Valls dévoile sa feuille de route écologique pour 2015

Manuel Valls le 4 décembre 2014 à Paris. Manuel Valls le 4 décembre 2014 à Paris.

Manuel Valls le 4 décembre 2014 à Paris. Manuel Valls le 4 décembre 2014 à Paris. - Dominique Faget - AFP

François Hollande a fait du climat et de l'écologie sa priorité en 2015. Avant d'organiser à Paris la conférence internationale sur le climat, le gouvernement entend donner des gages et doit dévoiler mercredi sa feuille de route écologique pour 2015. Et les ONG "l'attendent au tournant".

A dix mois de la grande conférence internationale sur le climat annoncée par François Hollande, le gouvernement veut s'acheter une crédibilité verte. Il dévoile mercredi sa feuille de route écologique pour 2015, qui doit concrétiser son ambition de réduction de la pollution de l'air et la fin des subventions pour les projets liés au charbon. Mais les ONG redoutent des renoncements.

Deux mois après la troisième conférence environnementale, où 150 propositions avaient été mises sur la table des discussions, des annonces sont attendues "sur les transports, la mobilisation pour la conférence de Paris sur le climat (COP 21) en décembre et l'exemplarité de l'Etat en matière de transition écologique", selon une source ministérielle. Des réunions d'arbitrage se sont poursuivies jusqu'à la dernière minute, d'après cette même source.

Au menu: Cop21, santé, transports

La "feuille de route" a été élaborée à partir des travaux de la conférence qui avait réuni plusieurs ministres et des représentants des ONG, des élus, du patronat et des syndicats pour plancher sur trois thèmes -préparation de la COP21, santé, transports.

Mercredi, après un discours de la ministre de l'Ecologie Ségolène Royal, le Premier ministre Manuel Valls détaillera à la mi-journée les mesures retenues devant le Conseil national de la transition écologique (CNTE), qui rassemble organisations syndicales et patronales, élus et associations.

Craintes sur le charbon

"L'un des grands enjeux de la feuille de route est la fin des soutiens publics français au secteur des énergies fossiles, et notamment du charbon", souligne Lucie Pinson, des Amis de la Terre. François Hollande avait annoncé la suppression "de tous les crédits" à l'exportation "accordés aux pays en développement dès lors qu'il y a utilisation du charbon".

Les ONG craignent que le gouvernement revienne sur cet engagement et que la France s'aligne sur une proposition de la Commission européenne limitant l'arrêt des subventions aux seules centrales les plus polluantes. Dans ce cas, la suppression des subventions n'aurait aucun impact car ces centrales "ne sont plus construites aujourd'hui", souligne la Fondation Nicolas Hulot. Pour Morgane Piederrière, de France Nature Environnement (FNE, 3.000 associations), "on va savoir si, oui ou non", l'annonce faite en novembre "est un engagement ferme" ou s'il y a "une reculade".

Quid du diesel?

De son côté, Manuel Valls avait exprimé sa volonté de "progressivement revenir" sur le diesel "longtemps privilégié en France" et annoncé pour 2015 un système d'identification des véhicules en fonction de leurs émissions polluantes. Cette annonce avait été accueillie avec satisfaction par les ONG et Europe Ecologie-Les Verts qui attend des mesures concrétisant cet objectif.

Pour Emmanuelle Cosse, secrétaire nationale d'EELV, reste notamment à voir "comment on aide l'industrie automobile à évoluer sur ce sujet, à avoir une production de véhicules moins polluants". Le gouvernement est aussi attendu sur les dossiers de la démocratie participative, prônée par François Hollande, et des pesticides.

Un renoncement "serait incompréhensible"

Le chantier de la démocratie participative, qui vise à mieux associer les citoyens aux projets d'aménagements pour éviter des blocages comme à Sivens (Tarn), a été lancé début janvier. FNE "attend de la feuille de route qu'elle le cadre un peu mieux". Comme la Fondation Hulot et EELV, elle redoute que certaines dispositions de la loi Macron, en discussion à l'Assemblée, ne limitent la portée de cet engagement.

Le chef de l'Etat avait aussi affirmé vouloir aller plus loin sur les néonicotinoïdes, des pesticides mis en cause dans la surmortalité des abeilles. Le nouveau plan Ecophyto présenté la semaine dernière par le ministre de l'Agriculture Stéphane Le Foll "n'a pas pas fait montre de cette ambition", déplore la Fondation Hulot qui s'inquiète d'un éventuel "revirement". "Le gouvernement est attendu au tournant", a prévenu FNE. Un renoncement "total ou partiel" aux engagements pris lors de la conférence environnementale "serait incompréhensible", a averti la Fondation Hulot, qui n'a pas hésité à écrire à Manuel Valls pour réclamer "une 'feuille de route' ambitieuse".

C. P. avec AFP