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Une primaire à gauche? "Pas sérieux", pour Myriam El Khomri

La ministre du Travail, Myriam El Khomri, a répondu dimanche soir aux questions d'Apolline de Malherbe.

Invitée d'Apolline de Malherbe pour BFM Politique dimanche, la ministre du Travail Myriam El Khomri s'est prononcée contre la tenue d'une primaire à gauche, que certains au PS - notamment le frondeur Christian Paul - appellent de leurs vœux.

"Non, à titre personnel, je n’y suis pas favorable", a-t-elle expliqué. "Le président de la République rendra des comptes aux Français dans 15 mois. Il reste 15 mois et il sera jugé sur son bilan dans 15 mois."

Comme d'autres membres du gouvernement avant elle, la ministre a jugé que le chef de l'Etat avait bien des priorités autrement plus impérieuses que d'aller débattre à une éventuelle primaire en vue de la présidentielle de 2017.

"Je vois mal comment un président de la République, avec la situation que nous connaissons dans notre pays, notamment le risque terroriste, ce risque d’attentat, je le vois mal aller le matin sur le (porte-avions) Charles de Gaulle proche de la Syrie puis le soir aller faire campagne pour une primaire", a poursuivi la ministre.  "Pour moi ce n’est pas sérieux, ce n’est pas responsable, et je ne crois pas que ce soit ce que les Français attendent non plus de la fonction présidentielle", a-t-elle lancé.

Son couac sur les CDD? "Embarrassant"

Myriam El Khomri est d'autre part revenue sur sa bourde sur les CDD.

"Est-ce que c'est embarrassant? Oui, bien évidemment. La ministre du Travail n'a pas appris par cœur le code du travail, d'autant plus qu'elle veut le simplifier", a reconnu la benjamine du gouvernement à propos de ses hésitations, il y a quelques mois au micro de Jean-Jacques Bourdin sur BFMTV et RMC, sur les modalités de leur renouvellement. 

"Ce gouvernement reste de gauche"

Interrogée sur la grâce présidentielle qui venait d'être accordée à Jacqueline Sauvage, Myriam El Khomri a estimé qu'"on était face à une réalité qui était particulièrement douloureuse". "Cette femme est une victime", a-t-elle ajouté. "il y a une reconnaissance au plus haut de l'État de ce qu'elle a subi".

Quant à la démission cette semaine de la ministre de la Justice Christiane Taubira sur fond de "désaccord politique majeur", Myriam El Khomri a jugé que ce départ ne signait pas un divorce de François Hollande avec la gauche. "Avec ou sans Christiane Taubira, ce gouvernement reste de gauche", a assuré la ministre du Travail.

Myriam El Khomri a par ailleurs salué le travail de son ancienne collègue au gouvernement. "C'est une femme que j’admire", a-t-elle loué, tout en insistant sur le fait que c’était "sa décision".

V.R.