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A New York, Taubira reste "loyale" à Hollande "parce qu'il mérite de l'estime"

Christiane Taubira a évoqué devant les étudiants son parcours et "ses combats politiques". A la fin de son speech d'une vingtaine de minutes, "on vous aime" ou "2017" crient quelques étudiants. Christiane Taubira, elle, sourit.

A peine quelques jours après son départ du ministère de la Justice, Christiane Taubira est à New York pour donner une conférence l'université NYU (New York University). "L'université a insisté pour que je maintienne cette conférence et je trouve que c'est heureux que je puisse m'adresser au public que j'aurai demain", avait-elle expliqué à sa descente d'avion. Bien lui en a pris puisque c'est sous les acclamations que l'ex-garde des Sceaux a fait son entrée dans l'amphithéâtre bondé de l'école de droit de la fac new-yorkaise.

Une réponse à Valls?

Christiane Taubira a évoqué devant les étudiants son parcours et "ses combats politiques" alors que ses premiers mots ont été: "L’égalité n’est pas un slogan, c’est un combat quotidien qui incombe à la puissance publique".

On peut voir dans cette phrase une réponse à Manuel Valls. "Parfois résister c'est rester, parfois résister c'est partir. Par fidélité à soi, à nous", avait écrit sur Twitter Christiane Taubira en quittant le gouvernement. "Résister aujourd'hui ça n'est pas proclamer, ça n'est pas faire des discours, résister c'est se confronter à la réalité du pays", avait répondu le Premier ministre sans jamais citer son ancienne ministre avec laquelle les relations étaient fraîches.

Répondant à question, Christiane Taubira a aussi déclaré continuer "à soutenir le président de la République parce que notre pays est en difficulté et parce qu'il le mérite." "Le Président de la République mérite de l'estime, j'ai de l'estime pour lui, a martelé l'ex-ministre.

Interrogée sur ses intentions pour 2017

A la fin de son speech d'une vingtaine de minutes quelques étudiants crient "on vous aime" ou... "2017". Christiane Taubira, elle, sourit. Le sujet sera pourtant central dans la partie de questions-réponses qui se jouent par la suite.

"Je continuerai à me créer des espaces d’expression publique et de combat", a simplement déclaré l'ancienne candidate à la présidentielle 2002. "Je participerai à la campagne". Comment? "Vous verrez bien", a-t-elle affirmé, visiblement agacée par ce feu de questions sur son avenir politique. "Il y a autre chose d'important que ma destinée", a-t-elle insisté.

"J'ai une vie politique depuis plusieurs années. Il y a des choses qui se sont arrêtées, il y en a d'autres qui continuent: les engagements, les prises de parole publiques, les choses que j'écris", a-t-elle expliqué.

Sur plan plus personnel, "je lis toutes les nuits, a expliqué Christiane Taubira. L'un des changements de ma vie est que je vais pouvoir lire pendant la journée" désormais.

"J'ai toujours été une femme libre"

Christiane Taubira devait initialement effectuer un voyage officiel de quatre jours aux Etats-Unis, de mercredi à dimanche, avec notamment au programme un entretien avec la ministre américaine de la Justice, Loretta Lynch, à Washington.

Le voyage officiel a été annulé mais la NYU, où elle devait faire un passage lors de ce déplacement, a maintenu son invitation et a pris en charge les frais.

Christiane Taubira a quitté la Chancellerie sur un désaccord avec le projet de l'exécutif relatif à la déchéance de nationalité. Interrogée sur le fait de savoir si elle était aujourd'hui une "femme libre", elle répondu: "Je l'ai toujours été".

S.A. avec Jean-Bernard Cadier