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Rythmes scolaires: la réforme de Benoît Hamon

A Marseille, une manifestation contre la réforme des rythmes scolaires en décembre 2013

A Marseille, une manifestation contre la réforme des rythmes scolaires en décembre 2013 - -

La réforme des rythmes scolaires avait causé du tort à Vincent Peillon. Son successeur à l'Education nationale Benoît Hamon entend assouplir le texte mais peine à faire l'unanimité.

"Là où des adaptations sont nécessaires, je les autoriserai" avait annoncé en fin de semaine le ministre de l'Education nationale Benoît Hamon à propos de la controversée réforme des rythmes scolaires qui doit entrer en application à la rentrée prochaine. La réforme va faire, mercredi, l'objet d'un nouveau décret pour faciliter sa mise en oeuvre dans des communes en difficulté.

Après l'octroi aux communes d'un délai supplémentaire jusqu'en septembre 2014 pour se lancer, seules 17% ont adopté la réforme à partir de septembre 2013. La pérennisation du financement des activités périscolaires reste en suspens et un arbitrage est attendu avec impatience.

Le futur texte de Benoît Hamon pourrait aussi autorisé par dérogation des semaines de huit demi-journées au lieu de neuf, pour regrouper les trois heures d'activités périscolaires en un après-midi.

Une promesse de campagne

Le retour à la semaine de 4,5 jours en primaire, supprimée en 2008, était une promesse de campagne de François Hollande et faisait en principe consensus. L'objectif: mieux étaler le temps de classe hebdomadaire, avec des journées raccourcies et le rétablissement d'une cinquième matinée de classe pour profiter des pics d'attention des écoliers.

Mais sa mise en oeuvre s'est heurtée à des critiques d'enseignants, parents, maires UMP faisant état de la fatigue des enfants, de la "confusion" entre temps scolaire et périscolaire, des tensions dans le partage des locaux, et des difficultés de financement ou de recrutement d'animateurs. Le dossier a causé du tort à Vincent Peillon lors de son passage rue de Grenelle et débarqué lors du dernier remaniement de début avril.

Les syndicats en ordre dispersé

Et le nouveau texte ne fait pas non plus l'unanimité. "On ne s'y retrouve pas", déclare Paul Raoult, président de la FCPE, première fédération des parents d'élèves. "Les enfants sont les grands oubliés avec la possibilité de revenir à 6 heures. Un certain nombre de maires nous ont signalé qu'ils avaient envie de revoir leur proposition. Ce système dérogatoire va très vite s'appliquer à tout le monde", redoute-t-il.

"Nous sommes assez satisfaits", dit au contraire Valérie Marty, présidente de la Peep. "C'est trop peu et trop tard", déplore Sébastien Sihr au SNUipp-FSU, premier syndicat du primaire, en pointe dans la contestation. "Si cela ne concerne que peu d'écoles vu les délais, c'est une opération de façade. Si ce mouvement peut entraîner un grand nombre, ce sera une évolution significative, mais on en doute".

Les assouplissements sont "plutôt positifs, les cinq matinées étant maintenues, mais avec une souplesse" permettant des expérimentations, estime Christian Chevalier, au SE-Unsa. "Pour la rentrée prochaine, les délais sont trop courts, mais on peut penser que pour la rentrée 2015, de nombreuses expérimentations vont fleurir".

S. A. avec AFP