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Rentrée scolaire: Vallaud-Belkacem ne veut pas de Pokémon rares dans les écoles

La ministre de l'Education nationale Najat Vallaud-Belkacem, lors de la sa conférence pour la rentrée 2016.

La ministre de l'Education nationale Najat Vallaud-Belkacem, lors de la sa conférence pour la rentrée 2016. - BFMTV

Pokémon Go à l'école? Oui, mais avec modération. Craignant que la fièvre ne s'empare des cours de récré, la ministre va demander quelques aménagements aux concepteurs du jeu.

La chasse aux Pokémon aura-t-elle aussi lieu dans les cours d'école? Oui, répond la ministre de l'Education nationale, mais avec la modération qui sied à la destination des lieux d'enseignement.

"J'ai demandé un rendez-vous avec Niantic pour qu'il n'y ait pas de Pokémon rares dans les établissements scolaires", a répondu Najat Vallaud-Belkacem, interrogée au sujet de Pokémon Go, le jeu vidéo qui fait fureur, lors de sa conférence de presse pour la rentrée 2016

Niantic n'est autre que le développeur de ce jeu qui utilise la "réalité augmentée", autrement dit la juxtaposition d'objets ou, comme ici, de personnages fictifs dans le décor du réel filmé par la caméra du smartphone, pour créer l'illusion.

En ciblant les Pokémon rares, Najat Vallaud-Belkacem montre sa connaissance du dossier. Les Pokémon dits "rares" créent de véritables émeutes quand ils apparaissent au coin de la rue, ou c'est la crainte exprimée ici par la ministre, dans les cours d'écoles.

Des risques sécuritaires réels

Si elle prête à sourire, la limitation appelée de ses vœux par la ministre est on ne peut plus sérieuse. Les risques de cohue, mais aussi en ces temps de sécurité renforcée d'attirer des personnes qui n'ont rien à faire dans l'enceinte protégée d'un établissement scolaire sont réels.

Déjà décriée dans les musées, les parcs, les hôpitaux ou au travail, la présence (fut-elle virtuelle) de Pokémon dans les écoles, collèges et lycées, s'ajoute aux problèmes que devront démêler les personnels d'éducation. Le Parisien relatait récemment l'exaspération de la directrice de l'école de la rue Marsoulan à Paris, dans le 12e, lorsqu'elle avait découvert que la façade de l'édifice était marquée en "Pokéstop" - soit un lieu repéré pour un détail architectural, commercial ou culturel où les chasseurs de Pokémon peuvent récolter des accessoires pour leur quête.

Rue89 rapportait que le LISA autrement dit le Lycée d'image et du son d'Angoulême était une arène Pokémon, où lesdites bestioles imaginaires combattent pour marquer les lieux de leur couleur - équipe jaune, rouge ou bleue.

Mais si les Pokémon posent autant de problèmes pourquoi ne pas simplement tous les interdire, sans se limiter aux espèces "rares"? Peut-être pour favoriser le dialogue et empêcher "une escalade" qui comme le soulignait le proviseur du lycée Paul-Bert de Paris 14e au Parisien, "conduirait à interdire totalement l'usage des téléphones portables". Que ce soit les Pokémon ou leurs chasseurs, il sera de toute façon difficile de la attraper tous.

David Namias