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Policiers: Urvoas défavorable à une modification de la légitime défense

Jean-Jacques Urvoas s'est dit "défavorable" à modifier les règles de légitime défense des policiers. (Photo d'illustration)

Jean-Jacques Urvoas s'est dit "défavorable" à modifier les règles de légitime défense des policiers. (Photo d'illustration) - AFP

Interrogé sur BFMTV, Jean-Jacques Urvoas a déclaré être défavorable à une modification des règles de la légitime défense des policiers.

Après la demande émise par les policiers de modifier les règles de légitime défense, le ministre de la Justice, Jean-Jacques Uvoas, s'est dit défavorable à leur assouplissement, sur l'antenne de BFMTV. 

"Cette proposition est venue l'année dernière sur la base d'une idée d'un député LR, Eric Ciotti. Il y a un travail très long qui a été conduit autour de Bernard Cazeneuve, auquel il avait associé des parlementaires. Le travail a abouti à une évolution de la loi, dans la loi du 3 juin 2016. La légitime défense se caractérise par la notion d'immédiateté. Dans la loi de juin 2016, nous avons défendu le principe d'immédiateté", a-t-il poursuivi.

Il précise: "Aujourd'hui, la jurisprudence de la Cour européenne des droits de l'Homme et la loi permettent à un policier de se défendre. La légitime défense, c'est pour lui mais c'est aussi pour quelqu'un d'autre qui est menacé". 

Manifestations des policiers devant les tribunaux: "ce n'est pas une bonne idée"

Au sujet du "laxisme" des magistrats dénoncé par les forces de l'ordre, le ministre propose que "tout nouveau policier qui va occuper une fonction opérationnelle dans un commissariat vienne passer trois jours dans une juridiction, (...) pour découvrir le métier de juge. Et inversement, que tout nouveau magistrat puisse venir passer trois jours dans un commissariat de police".

Une intersyndicale de policiers a notamment appelé à des rassemblements silencieux tous les mardis devant les palais de justice pour dénoncer ce prétendu laxisme. "Je trouve que ce n'est pas une bonne idée, c'est une manière d'engager un procès d'intention, ça contribue à une suspicion", a commenté le garde des Sceaux. 

"Tout réside pour moi souvent dans une méconnaissance du travail de l'autre", a-t-il conclu.

A.Mi avec AFP