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Place aux REP: la nouvelle carte de l'éducation prioritaire a été dévoilée

La nouvelle carte de l'éducation prioritaire va être dévoilée ce mercredi par la ministre de l'Education nationale Najat Vallaud-Belkacem.

La nouvelle carte de l'éducation prioritaire va être dévoilée ce mercredi par la ministre de l'Education nationale Najat Vallaud-Belkacem. - Joël Saget - AFP

Najat Vallaud-Belkacem a dévoilé ce mercredi la nouvelle carte de France de l'éducation prioritaire, prévue pour la rentrée 2015. Elle comprend 1.082 réseaux.

Qui rentre dans les nouvelles REP, qui y reste, et qui en sort? Elèves, parents et enseignants ont été fixés ce mercredi, lorsque Najat Vallaud-Belkacem a dévoilé la nouvelle carte de l'éducation prioritaire, applicable à la rentrée 2015.

Cette carte comprend toujours 1.082 réseaux d'éducation prioritaire (près de 1.000 collèges et 8.000 écoles), mais certains établissements entreront en REP tandis que d'autres en sortiront, un choix effectué par chaque académie sur la base d'un indicateur social.

La ministre décide en dernier ressort, sur proposition des recteurs qui disposaient chacun d'une enveloppe fermée attribuée par la rue de Grenelle en septembre: à Paris, il n'y aura ainsi plus que 29 réseaux en éducation prioritaire, soit trois de moins qu'auparavant, tandis qu'à Mayotte, tous les collèges de l'archipel entrent dans le dispositif. 

Des blocages et des occupations d'écoles

La refonte de l'éducation prioritaire (20% des élèves), annoncée en janvier 2014 par l'ancien ministre de l'Education Vincent Peillon pour concentrer les moyens sur les établissements les plus en difficulté, au lieu de les saupoudrer, avait d'abord été unanimement saluée. Puis des mécontentements se sont élevés, à mesure que tel ou tel établissement craignait son exclusion de ce dispositif d'aides.

>> La carte de tous les établissements des réseaux REP:

(Voir la liste des établissements du réseau REP)

Ces dernières semaines, des parents et des enseignants ont multiplié les blocages ou occupations d'écoles et collèges dans plusieurs académies, craignant des classes plus chargées et la disparition de dispositifs de soutien aux élèves, en cas de sortie de leur établissement. Certains enseignants se sentent ainsi "punis" d'avoir bien fait leur travail.

"On soutient tout à fait qu'il y ait des établissements qui rentrent, par contre on trouve complètement injuste et révoltant que des établissements, y compris en Seine-Saint-Denis", département "touché par les difficultés sociales et scolaires, sortent", a fait valoir un professeur de Montreuil à la ministre, prise à partie par des manifestants au Palais de la découverte, à Paris. "Ceux qui en sortent, vous ne perdez pas vos avantages du jour au lendemain, on les maintient pendant trois ans", a-t-elle rétorqué.

Vers une réforme de "l'allocation des moyens"

Najat Vallaud-Belkacem a assuré sur BFMTV et RMC qu'elle n'allait "pas laisser tomber ceux qui sortent de ZEP", car elle présentera en même temps que la carte de l'éducation prioritaire une autre réforme, celle de "l'allocation des moyens" (nombre de professeurs). Elle "permettra enfin aux écoles, aux collèges, aux lycées, de recevoir des moyens proportionnés non seulement à leur démographie mais aussi aux difficultés sociales et scolaires de leurs élèves".

Cette deuxième réforme, annoncée à trois jours des vacances de Noël pour une mise en oeuvre également à la rentrée 2015, devrait selon elle éliminer "les effets de seuil", soit une forte différence des conditions d'enseignement selon que l'on est ou pas en ZEP.

Une réforme "d'actualisation"

"Le problème c’est les inégalités scolaires, et le problème c’est le poids des origines sociales des enfants dans leur réussite scolaire", a encore martelé la ministre de l’Education, mardi soir au 20H de TF1. "Un enfant d’ouvrier ou d’employé a deux fois moins de chances d’avoir le bac qu’un enfant de cadre supérieur", a-t-elle expliqué.

"On conduit d'abord une réforme d'actualisation. Depuis 30 ans, la situation sociale des territoires et des établissements, elle a évolué. Il y a des endroits où fort heureusement il y a eu plus de mixité sociale, donc ça mérite qu'on sorte de l'éducation prioritaire. Puis, a contrario, il y a des endroits qui sont devenus très fragiles et qui n'étaient pas concernés et à qui on va donner cette chance-là."

Une grève et un rassemblement ce mercredi

L'enveloppe de 1.082 réseaux "ne tient pas compte des besoins réels", déplore la FSU, première fédération de l'éducation. Les syndicats du primaire (SNUipp) et du secondaire (Snes) ont d'ailleurs déposé un préavis de grève pour mercredi, jour où la réforme sera présentée aux syndicats réunis en Comité technique ministériel (CTM). Ils appellent à un rassemblement aux Invalides, à Paris, mercredi à 14 heures. De son côté, la CGT appelle les enseignants à la grève le même jour. 

Les contestataires se disent aussi vigilants sur le contenu des Conventions académiques de priorité éducative (Cape) proposées à des établissements non retenus mais scolarisant des populations très défavorisées. 

La reforme de l'éducation prioritaire, engagée à la rentrée 2014 et qui montera en puissance à la rentrée 2015, met fin aux labels Eclair et RSS, qui cèdent la place aux REP (Réseaux d'éducation prioritaire) et REP+ (Réseaux d'éducation prioritaire renforcés), ces derniers au nombre de 350, parmi les plus difficiles qui recevront davantage de moyens. 

350 millions d'euros supplémentaires

Enfin, Najat Vallaud-Belkacem réfute la critique d'une réforme "à moyens constants", faisant valoir que 350 millions d'euros supplémentaires vont lui être consacrés. Sont prévus un accompagnement pour les élèves de sixième (aide aux devoirs, soutien méthodologique ou tutorat), l'encouragement de l'innovation pédagogique, des primes augmentées pour attirer et garder les enseignants dans les établissements les plus difficiles. Les professeurs des REP+ auront des heures libérées pour travailler en équipe, suivre des élèves, rencontrer les parents.

Jé. M. avec AFP