BFMTV

Marisol Touraine: "Nous multiplions les hébergements" pour les SDF

Marisol Touraine, ministre de la Santé, était l'invitée de BFMTV ce mardi soir.

Marisol Touraine, ministre de la Santé, était l'invitée de BFMTV ce mardi soir. - Capture BFMTV

Invitée de BFMTV mardi soir, Marisol Touraine a affirmé que près de 6.000 places d'hébergement d'urgence ont été ouvertes pour les SDF depuis l'arrivée du froid pour. Elle s'est également dite "toujours prête à discuter et débattre" avec les professionnels du monde médical, alors que leur grève dure.

C'est une actualité des plus lourdes qui rythme actuellement le quotidien de Marisol Touraine. Entre l'urgence sanitaire qui touche les plus précaires dans la rue, déjà marquée par la mort de plusieurs SDF à cause du froid, et la grève des médecins qui se poursuit partout en France, la ministre de la Santé se doit d'être sur tous les fronts. Elle était l'invitée de BFMTV ce mardi soir pour évoquer ces sujets délicats.

> Au sujet des sans-abris

Evoquant sa "tristesse" à la suite des récents décès de sans-abris signalés, Marisol Touraine a tout d'abord souhaité réaffirmer l'engagement de l'exécutif à ce sujet. "Le gouvernement est mobilisé, mais pas depuis quelques jours, mais bien depuis plusieurs semaines sur cette situation", a-t-elle assuré sur notre antenne. Et les besoins étaient bien connus. "Nous devons augmenter le nombre de places d'hébergements en urgence. C'est ce qui a été fait depuis le 1er novembre", a affirmé la ministre.

"Près de 6.000 nouvelles places ont été ouvertes et elles seront d'ailleurs pérennisées", s'est félicité Marisol Touraine.

Des ouvertures "très temporaires"

Face aux énormes besoins, la ministre de la Santé a également ajouté que des ouvertures "très temporaires" d'hébergement d'urgence ont lieu ici ou là pour accueillir dans les meilleures conditions possibles, "même si elles ne sont pas totalement satisfaisantes", les sans domicile fixe.

Reste le délicat problème des sans-abris qui refusent d'être aidés, et d'intégrer ces hébergements d'urgence. "Nous mobilisons aussi les associations et les acteurs de l'Etat pour encourager les sans domicile fixe à rejoindre ces structures d'hébergement d'urgence car on ne peut pas les contraindre, et il faut les amener à rejoindre ces lieux", a ajouté Marisol Touraine. 

Ne faut-il pas envisager des mesures plus contraignantes, pour sauver les personnes d'elles-mêmes? "C'est un débat qui traverse et occupe les associations, comment convaincre les personnes, comment aller jusqu'au bout de la conviction", a-t-elle déploré, sans se prononcer sur la question.

"L'urgence pour nous, au-delà de la période de froid, de travailler à créer des milliers de nouvelles places pérennes, qui sont prévues dans les mois et les années à venir, pour que personne ne se retrouve sans toi", a encore martelé la ministre de la Santé.

Un nouveau bilan du plan pauvreté sera fait "en janvier" et de "nouvelles mesures et de nouveaux objectifs" seront annoncés à cette occasion, a annoncé, en parallèle de cette interview, Ségolène Neuville, la secrétaire d'État chargée des Personnes handicapées et de la Lutte contre l'exclusion.

> Grève des médecins: Marisol Touraine n'est pas sourde

Alors que le monde médical est en grève depuis le début des vacances de Noël, la ministre de la Santé a réussi à éteindre un nouveau foyer de mécontentement: celui des cliniques privées. Sans toutefois apaiser les médecins, qui sont toujours en grève ce mardi, d'aucuns d'entre-eux ayant accusé Marisol Touraine d'être "une ministre sourde". 

Une accusation balayée par la principale intéressée. "La concertation, je la mène et je suis prête à la poursuivre", a-t-elle affirmé. "Je le dis, je suis toujours de bonne volonté dès qu'il s'agit de discuter et de débattre."

Alors que l'opposition à la nouvelle loi Santé se cristallise au niveau de la généralisation du tiers-payant, dénoncé par bien des professionnels, Marisol Touraine a fermement défendu sa position. Toujours selon-elle, les professionnels, comme les médecins libéraux, ont "tout à gagner avec le tiers-payant". Et pour appuyer ses dires, elle a évoqué l'exemple de la carte vitale, qui avait été très mal accueillie lors de sa mise en place, et qui est aujourd'hui entrée dans les moeurs. 

"Je suis la ministre des professionnels, mais je suis également la ministre des patients", a encore insisté Marisol Touraine. "La généralisation du tiers-payant est une avancée pour les Français", a-t-elle conclu.

Jé. M.