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Manuel Valls en Corse, après une vague d'homicides

Le ministre de l'Intérieur, Manuel Valls.

Le ministre de l'Intérieur, Manuel Valls. - -

Le ministre de l'Intérieur se rend lundi en Corse, alors que la situation sécuritaire est toujours aussi tendue sur l'île de Beauté. Sa visite est critiquée par certains élus locaux.

Trois jours seulement après le 11e homicide de l’année sur l’île de beauté, Manuel Valls se rend en Corse lundi et mardi. Economie et sécurité sont au programme de la visite du ministre de l’Intérieur, critiqué localement pour ses récentes déclarations évoquant une violence "enracinée dans la culture" corse.

Le député UMP Laurent Marcangeli a déjà prévenu qu'il ne se rendrait pas à la rencontre prévue avec les élus à Ajaccio, réclamant "des excuses". Le ministre avait répliqué à l'Assemblée nationale le 21 mai: "Oui en Corse, il y a une violence! Oui en Corse, il y a plus d'armes par habitant que dans le reste du pays! Oui en Corse le taux d'assassinats est plus élevé qu'en Sicile ! Oui en Corse, il y a des gens qui ne veulent pas parler parce qu'ils ont peur!"

Face à la fronde de certains élus, Manuel Valls devrait réitérer ses appels à la population. Après l’assassinat du président du Parc naturel régional de la Corse Jean-Luc Chiappini, le 25 avril, il avait souhaité "l'aide" de la population. "Je demande à la population corse de nous aider (...). Que les gens n'hésitent pas à nous parler", avait-t-il demandé.

11 homicides depuis le début de l'année

Vendredi, un homme considéré comme proche du "milieu" a été abattu, déjà le 11e homicide de l'année sur cette île de 310.000 habitants. En 2012, 19 homicides avaient été comptabilisés, dont ceux de notables comme l'avocat Antoine Sollacaro ou le président de la chambre de commerce et d'industrie d'Ajaccio Jacques Nacer.

L'attentat récent contre le Groupement d'intervention régional (Gir) près d'Ajaccio, prouverait, pour l'Intérieur, que le travail des enquêteurs gêne les délinquants en Corse, où, relève-t-on, 50 personnes ont été interpellées depuis le début de l'année dans des affaires de grande criminalité.

L'économie face à la criminalité

Pour faire face à cette montée de la violence, l’Intérieur mise sur le développement économique de la région, jugeant que les efforts menés jusqu’alors ont déjà porté leurs fruits : "La Corse a décollé, elle n'est plus la région la plus pauvre de France."

Le ministre signera d'ailleurs la troisième tranche de 537 millions d'euros du plan exceptionnel d'investissement (PEI) entamé en 2003, d'un montant global de deux milliards d'euros sur 15 ans, pour financer des infrastructures, des services collectifs et mettre en valeur l'espace régional.

"La Corse, c'est la France"

Après les critiques contre le gouvernement pour ne pas avoir signé la charte européenne des langues régionales, Manuel Valls devrait également être amené à intervenir sur la récente décision de l'Assemblée de Corse d'instaurer la coofficialité de la langue corse et du français.

Si ce vote devrait être frappé d'inconstitutionnalité, il marque aux yeux de beaucoup, la volonté de rouvrir le débat institutionnel, ce que Manuel Valls se garde de faire depuis un an. "La Corse, c'est la France. Ceci ne changera jamais!", avait-il dit le 6 février, lors d'un hommage au préfet Claude Erignac.


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M.D. avec AFP