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Macron interpellé sur la mixité: Schiappa exalte le besoin de "se mélanger et se rencontrer"

Au lendemain du déplacement d'Emmanuel Macron à Montpellier, la ministre de la Citoyenneté a expliqué que la mixité sociale était inopérante dans de nombreux quartiers populaires de France.

"Cette mère, elle dit tout dans cette phrase". Par "cette phrase", Marlène Schiappa fait allusion à l'interpellation d'Emmanuel Macron, lundi dans le quartier sensible de La Mosson à Montpellier, par une mère de famille. "J'ai mon fils qui a huit ans, il m'a demandé si le prénom de 'Pierre' existait vraiment ou si ce n'est que dans les livres, tellement il y a un manque de mixité dans le quartier", a expliqué Naima Amadou au chef de l'État.

"À l'âge de 6-7 ans, vous avez des enfants qui n'ont jamais rencontré un Pierre de leur vie et vous avez aussi des enfants qui (...) n'ont jamais rencontré un Mohammed de leur vie", a abondé ce mardi matin la ministre chargée de la Citoyenneté sur BFMTV-RMC.

"Cités éducatives"

Selon Marlène Schiappa, la mère en question "a parfaitement raison" s'agissant "du besoin qu'on a de se mélanger et de se rencontrer".

"Quand on regarde les votes extrêmes et les votes de peur (...) face à l'immigration, ils existent aussi, souvent, dans des quartiers où il n'y a pas forcément d'immigration massive", constate-t-elle. "Cette peur, elle peut être battue en brèche dès qu'on se rencontre et qu'on s'écoute."

Un refrain maintes fois entonné par les autorités de l'État, qui l'accompagnent régulièrement de financements dont les fruits laissent songeur. En l'espèce, Marlène Schiappa a annoncé la mise en place, par la ministre déléguée à la Ville, Nadia Hai, de "cités éducatives", dont le but sera de fédérer "l'ensemble des acteurs" dans les quartiers sensibles, afin par exemple d'y aider les enfants à manier les nouvelles technologies.

"Quand vous êtes une personne des classes moyennes et (...) vous habitez dans un quartier populaire, vous laissez votre enfant dans l'école et dans les activités du quartier si vous constatez que ce sont des activités dites de bon niveau", a développé la binôme de Gérald Darmanin à Beauvau.

Et la ministre de reformuler en admettant cette "vérité" désormais bien connue: "Les gens ne mettent pas leurs enfants dans les écoles (...) et dans les activités de quartier quand ils appartiennent aux classes moyennes ou supérieures, parce qu'ils estiment qu'elles ne sont pas de bon niveau."

Jules Pecnard Journaliste BFMTV