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Le retour en grâce de l'humilié Jean-Marc Ayrault

Fidèle de François Hollande mais évincé en 2014 au profit de Manuel Valls, l’ancien Premier ministre va effectuer son retour au gouvernement, cette fois au ministère des Affaires étrangères.

Son départ de Matignon, au printemps 2014, avait laissé un goût d’inachevé. Du grand soir fiscal dont il rêvait tout haut aux couacs à répétition au sein de l’équipe qu’il dirigeait, le bilan de Jean-Marc Ayrault avait de quoi laisser songeur, au moment de son remplacement par Manuel Valls.

Mais son retour au sein du gouvernement, en remplacement de Laurent Fabius aux Affaires étrangères, n’est pas des plus surprenants. Son parcours, et notamment ses liens avec les autres partis socialistes européens, a plaidé en sa faveur. Rocardien, Hollandais de la (presque) première heure, l’ancien maire de Nantes a toujours assumé une philosophie sociale-démocrate, appréciée du chef de l’État.

Un germanophile au Quai d'Orsay

Son profil, celui d’un homme discret et réfléchi, est également un atout en vue de prendre la tête de la diplomatie française, dans un contexte international tendu où chaque mot pèse lourd. Un avantage qui lui aura peut-être valu d’être préféré à Ségolène Royal, pressentie également pour le poste, mais coutumière des sorties (trop) spontanées.

En outre, l’arrivée de ce germanophile à la tête des Affaires étrangères pourrait bien redonner un second souffle au couple franco-allemand, au moment où la crise des réfugiés fait rage en Europe.

Enfin, ses mauvaises relations avec Manuel Valls, dont le style et l’ambition l’ont souvent agacé, ne devraient pas poser problème. Le quai d’Orsay étant directement relié à l’Élysée, les contacts avec son remplaçant à Matignon seront en effet limités. "C'est avec plaisir que je retrouve Jean-Marc Ayrault", a assuré Manuel Valls jeudi, à son arrivée au Cese, avant de louer son "expérience".

Jean-Marc Ayrault rejoint ainsi le cercle très fermé des ex-Premiers ministres ayant effectué leur retour au gouvernement, composé d’Alain Juppé (lui aussi aux Affaires étrangères) et… Laurent Fabius.