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Gouvernement: les noms de ministères les plus improbables de la Ve République

Arnaud Montebourg, ministre du "Redressement productif" de 2012 à 2014.

Arnaud Montebourg, ministre du "Redressement productif" de 2012 à 2014. - PHILIPPE LOPEZ - AFP

"Qualité de la Vie", "Redressement productif", "Temps libre"… Par le passé, plusieurs portefeuilles ministériels ont dénoté un certain sens de l’imagination.

Emmanuel Macron et Edouard Philippe, le président de la République et son Premier ministre, annonceront la composition du gouvernement mercredi en début d’après-midi (avec un peu de retard). C’est que les exigences posées par le chef de l’Etat pour la constitution de son exécutif sont nombreuses: équilibre entre figures de gauche et de droite, entre personnalités politiques et de la société civile, entre les hommes et les femmes…

Mais Emmanuel Macron appliquera-t-il également sa promesse de renouvellement aux noms des portefeuilles ministériels? S’il souhaite innover, le locataire de l’Elysée, qui a déjà démontré la richesse de son vocabulaire, pourra toujours puiser son inspiration dans les intitulés folkloriques des ministères passés. En voici une liste non-exhaustive.

> Ministre de la Qualité de la vie (gouvernements Chirac et Barre)

A première vue, pas facile de savoir ce qui se cache précisément sous le titre de ce ministère, créé en 1974 dans le premier gouvernement de Jacques Chirac. Son premier titulaire, André Jarrot, toucha pourtant juste lorsqu’on lui demanda de définir ses attributions. "J’ai, je crois, la Jeunesse, l’Environnement et un brin de Culture", répondit-il, comme le rapporte le journaliste Franz-Olivier Giesbert dans son livre, Chirac, une vie. C’est en fait l’ancêtre des ministères de "l’écologie", un terme pas encore entré dans le langage courant à l’époque.

> Ministre du Temps libre (gouvernement Mauroy)

Le ministère du Temps libre est créé à l’arrivée de François Mitterrand à l’Elysée, en 1981. Il a été baptisé en hommage aux "loisirs" et aux congés payés du Front populaire. Le portefeuille d’André Henry, le titulaire du poste, englobait la jeunesse, les sports et le tourisme. Malgré les rires narquois des observateurs sur son intitulé et sa disparition en 1983, le ministère du Temps libre aura lancé les "chèques vacances", toujours populaires de nos jours. Pendant sa campagne présidentielle, Benoît Hamon a d’ailleurs proposé de le ressusciter.

> Ministre chargé de la Nouvelle-Calédonie (gouvernement Fabius)

En 1985, Edgard Pisani est nommé "ministre chargé de la Nouvelle-Calédonie". Avec pour mission d’apaiser la situation dans ce territoire français d’Outre-Mer secoué par des revendications d’indépendance. Sa mission (et son titre) durera six mois.

> Ministre de la Solidarité entre les générations (gouvernement Juppé)

Créé en 1995 après la victoire de Jacques Chirac à la présidentielle, ce ministère était chargé des problématiques liées "à la famille, aux personnes âgées et handicapées, ainsi qu’aux droits des femmes", comme l’indique le décret l’instituant. Le portefeuille est supprimé quelques mois après sa création, à l’occasion du remaniement de novembre 1995 (qui évince de nombreuses "Jupettes", les femmes membres du gouvernement d’Alain Juppé).

> Ministre du Redressement productif (gouvernement Ayrault)

Le nom de ce ministère consacré à l’industrie a suscité beaucoup de railleries à sa création en 2012. Les médias n’ont pas manqué de souligner son caractère à la fois pompeux et obscur. Le titre a aussi donné lieu à une multitude de jeux de mots plus ou moins grivois. "Il y a eu des galéjades sympathiques et plutôt drôles", admet celui qui le porta, Arnaud Montebourg, dans la biographie que lui a consacré le journaliste Antonio Rodriguez. Pas suffisant pour Emmanuel Macron, qui fera disparaître l’intitulé lorsqu’il succédera à Arnaud Montebourg à Bercy en 2014.

Ghislain de Violet