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Le baromètre des éditorialistes - "Macron veut faire imploser tout le paysage"

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Emmanuel Macron a lancé un signal fort à la droite en nommant un Premier ministre issu des Républicains. Edouard Philippe doit nommer à son tour son gouvernement ce mardi. Les éditorialistes de BFMTV livrent leur analyse de la difficile recomposition politique qu'il devra acter.
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> Christophe Barbier: "Emmanuel Macron veut faire imploser tout le paysage"

"Plusieurs noms reviennent pour le gouvernement qui doit être nommé ce mardi. D'abord, on a du mal à imaginer le président de la République ne pas récompenser ceux qui ont construit dès le premier jour son ascension: Richard Ferrand, Gérard Collomb… Le premier impératif, c’est la parité. Dans la plupart des noms que l’on lance, il y a très peu de femmes, on ne peut pas se contenter de donner des seconds postes aux femmes en puisant dans la société civile. Il n’y a pas de femmes annoncées dans les postes régaliens, donc la parité va être un premier écueil pour Emmanuel Macron. Ensuite, il y a l’équilibre politique, entre le Premier ministre et le président. Et un équilibre entre les macronistes pur jus et ceux qui sont venus en cours de route. Et on est à moins de quarante jours des législatives, il faut des gens qui aient un poids politique, pour pouvoir gagner ces législatives. Un François Bayrou peut-il être tenu à l’écart? Cela paraît compliqué. Sans compter que le président a désormais un Premier ministre qui, on le sait, a négocié pour intégrer quelques-uns de ses proches. Ce soir il y aura des déceptions, des commentaires montrant les faiblesses de ce gouvernement. Il y aura forcément des carences dans cette liste. Emmanuel Macron veut faire imploser tout le paysage et les Républicains sont face à une difficulté. Mais je ne crois pas au coup de boutoir fatal de la nomination d’Edouard Philippe. Ce n’est pas ce qui va fracturer Les Républicains".

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> Laurent Neumann: "Emmanuel Macron a transmis une trentaine de noms pour 15 ou 16 ministres"

"Ce que l’on sait c’est qu’Emmanuel Macron a transmis une trentaine de noms à la Haute autorité pour la transparence de la vie publique une trentaine de noms, or comme il a dit qu’il y aurait une quinzaine de ministres, ça veut dire qu’il a quasiment doublé les postes. Il ne veut aucun couac, sur le patrimoine, les déclarations fiscales etc. Deuxième point, il pourrait y avoir 15 ou 16 ministres, car quand c’est pair il est plus facile de faire la parité, c’est tout bête. Troisième point, a priori il ne devrait pas y avoir de secrétaires d’Etat annoncés, on garde ça pour après les législatives. Pour montrer qu’on est à la tête de l’Etat avec un gouvernement resserré, un commando. Ce gouvernement va ressembler à beaucoup de familles, il va être recomposé. Avec des fidèles de En Marche!, il y a tout ceux qui vont venir de la droite et du centre, et puis la société civile. Il y a assez peu de visages issus de la diversité et on pourrait se servir des secrétaires d’Etat pour rééquilibrer cela. Il y a beaucoup d’autres postes qui vont être importants en dehors du gouvernement: qui va prendre le parti En Marche? Question fondamentale pour l’après législatives. Qui va prendre la direction du groupe En Marche à l’Assemblée nationale?"

C.V.