BFMTV

Et maintenant que peut faire Valls?

Après l'annonce fracassante de François Hollande, qui renonce à se présenter en 2017, tous les yeux sont tournés vers Manuel Valls. Plusieurs options s'offrent au Premier ministre, pressenti pour être candidat à la primaire de la gauche en janvier prochain.

L'exécutif traverse une épreuve historique. Le chef de l'Etat a annoncé jeudi soir qu'il renonçait à se représenter à la présidentielle, venant clôturer une longue période d'incertitude autour de son éventuelle candidature. Mais son annonce a laissé place à une nouvelle foule de questions, centrées cette fois autour de la personne du Premier ministre. Manuel Valls va-t-il officialiser sa candidature à la primaire de la gauche et à 2017? Va-t-il démissionner de son poste ou assumer la double casquette de chef du gouvernement en campagne? S'il quitte son poste, qui pour le remplacer?

Dans les coulisses de l'Elysée, jeudi soir, ce n'est pas une secousse mais deux qui ont été ressenties. Celle provoquée par l'annonce de François Hollande. L'autre, intervenue à 20 heures précises, quand le président a mis les pieds sur l'estrade installée pour son annonce: le changement de numéro de Manuel Valls. Un détail qui n'en est pas un, dans de pareilles circonstances. Beaucoup y ont vu les prémices d'une démission et, depuis, le bruit court. 

Plusieurs précédents

Pourtant, Manuel Valls n'a aucune obligation de quitter son poste à Matignon. S'il décide d'être candidat à la primaire, il devra se prononcer d'ici au 15 décembre, date limite de dépôt des candidatures. Ce vendredi matin, il a quitté tôt Matignon pour se rendre à Nancy. Le Premier ministre pourrait s'exprimer au cours de ce déplacement prévu de longue date. Tout comme samedi, lors du meeting de la Belle alliance populaire, formation lancée par le PS pour sa primaire. Quoi qu'il en soit, il peut très bien rester Premier ministre et devenir candidat.

Dans l'histoire de la Ve république, ce scénario s'est produit plusieurs fois. Avec Jacques Chirac en 1988, qui avait affronté François Mitterrand et perdu face à lui. Avec Edouard Balladur ensuite, grand favori des sondages en 1995, qui avait finalement perdu face à Jacques Chirac. Avec Lionel Jospin enfin, qui s'était présenté face au même Jacques Chirac en 2002. Les trois hommes ont essayé, mais ils ont surtout perdu.

Après Valls, Le Drian ou Cazeneuve?

Cette option ne semble donc pas la plus aisée, d'autant que Manuel Valls, dans le contexte actuel, devra assumer le bilan dont il est pour moitié tenu responsable, au même titre que le président sortant.

S'il démissionne, les noms de plusieurs successeurs potentiels circulent déjà. D'après nos informations, celui de Jean-Yves Le Drian d'abord, l'actuel ministre de la Défense. En mars 2014, il avait été pressenti pour remplacer Jean-Marc Ayrault à Matignon. Bernard Cazeneuve ensuite, le ministre de l'Intérieur, d'après L'Obs. Des noms qui avaient déjà circulé ces derniers jours, avant l'annonce de François Hollande et alors que la rumeur d'un départ du Premier ministre grossissait. Réponse dans les prochaines heures ou les prochains jours.

dossier :

Manuel Valls

Charlie Vandekerkhove