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Emmanuel Macron comparé à Steve Jobs en Allemagne

Emmanuel Macron lors d'un déplacement à Hanovre, en Allemagne, le 26 avril 2016.

Emmanuel Macron lors d'un déplacement à Hanovre, en Allemagne, le 26 avril 2016. - Rony Hartmann - AFP

La presse allemande observe de près le succès du jeune ministre auprès du public, et voit en lui le rival le plus dangereux de François Hollande.

"La France tombe amoureuse de cet homme". Dans son article sur Emmanuel Macron, l'hebdomadaire Der Spiegel présente le ministre de l'Economie comme "l'enfant prodige" de la politique française. Et rappelle qu'à l'Elysée, à l'époque où il exerçait en tant que secrétaire général, on le surnommait "Mozart" – double allusion à son aisance en politique pour son âge, mais aussi à son talent pour le piano.

La France, séduite jusqu'à la presse? "Même les journalistes les plus sérieux, ceux qui suivent la politique, sont fous de lui en France", écrit le Neue Zürcher Zeitung. "Macron peut être très charmant, et il est de toute façon sympathique", reconnaît le Spiegel. L'hebdomadaire die Zeit, qui publie jeudi une interview du ministre, n'hésite pas à le comparer à Jean Monnet, "père spirituel" de l'Europe, ou même à Steve Jobs, le fondateur d'Apple.

Le quotidien de gauche die Tageszeitung voit plutôt en lui un héritier de l'ancien chancelier Gerhard Schröder, à l'origine de la réforme du travail contestée Hartz IV en Allemagne. "Il veut se débarrasser de toute référence idéologique et rompre définitivement avec la tradition issue du 'programme commun' des précédentes décennies", écrit la Taz.

"Le protégé de Hollande est devenu son challenger"

De son côté, le Spiegel affirme que le jeune ministre de 38 ans est "probablement le rival le plus sérieux du Président en vue de 2017". Mieux: "le protégé de François Hollande est devenu son challenger". "Ces derniers temps, il n'hésite pas à critiquer le chef de l'Etat à qui il reproche d'avoir amorcé trop tard la réforme du marché du travail", relève le NZZ. Manuel Valls en prend aussi pour son grade: dans die Zeit, Emmanuel Macron donne une nouvelle fois raison à Angela Merkel dans sa gestion des réfugiés et salue "le courage et la persévérance" de la chancelière.

Outre ces tacles, distribués sans jamais citer les noms de François Hollande ou Manuel Valls, la création de "En marche", le mouvement politique du ministre, constitue un signe supplémentaire aux yeux du NZZ: Macron vise très haut, même s'il dément toute ambition présidentielle. "Son affirmation selon laquelle son mouvement est uniquement destiné à prendre le pouls de la nation et à inciter les citoyens à redevenir actifs est peu crédible", estime le quotidien.

Il relève d'ailleurs que la tournée du ministre à Bruxelles, Strasbourg et Londres – où la BBC l'a comparé à Tony Blair - ressemble beaucoup à une "tournée de campagne électorale". "Ce que je veux, c'est façonner le futur de mon pays", affirme d'ailleurs l'intéressé dans die Zeit. "L'élection présidentielle pourrait être le moment décisif pour cela". 

https://twitter.com/ariane_k Ariane Kujawski Journaliste BFMTV