BFMTV

Démission de Nicolas Hulot: Corinne Lepage "salue son courage"

Corinne Lepage a été ministre de l'Environnement de 1995 à 1997 dans le gouvernement d'Alain Juppé

Corinne Lepage a été ministre de l'Environnement de 1995 à 1997 dans le gouvernement d'Alain Juppé - FABRICE COFFRINI / AFP

L'ancienne ministre de l'Environnement a salué la décision du ministre de la Transition écologique de quitter le gouvernement, face à la faible avancée sur les questions écologiques.

Ancienne ministre de l'Environnement de 1995 à 1997, Corinne Lepage réagit sur BFMTV à l'annonce ce mardi sur France Inter de la démission de Nicolas Hulot, ministre de la Transition écologique. Elle tient à "saluer son courage", qualifiant la démission de "décision qui est difficile à prendre", et estime "qu'il a eu raison".

"C'est un homme de conviction, je l'ai toujours dit. Les mesures qu'il a été amené à prendre étaient dans le meilleur des cas faibles, et dans le plus mauvais contre-productives", a-t-elle jugé, estimant qu'"à un moment, il faut en tirer les conséquences".

"Pas un politique"

Interrogée sur l'impossibilité pour un écologiste convaincu d'agir au sein d'un gouvernement, elle a déclaré qu'"en tout cas pas avec ce gouvernement". Ce qu'elle a déploré, rappelant avoir été "un soutien extrêmement actif d'Emmanuel Macron pendant la campagne", ayant été "convaincue que son intelligence lui permettait de percevoir l'urgence des dangers".

Quant à l'adéquation de la personnalité de Nicolas Hulot à ce poste, alors qu'il avait été sollicité à plusieurs reprises par des gouvernements successifs avant d'accepter, elle a rappelé qu'il n'était "pas un politique", jugeant toutefois "que pour changer les choses, il ne faut pas être du système".

Manque de soutien?

Elle a déclaré que "son erreur a été de ne pas s'appuyer sur un groupe politique à l'Assemblée Nationale", soutien qui lui aurait manqué face au ministre de l'Agriculture et de l'Alimentation Stéphane Travert qui "lui avait cultivé ses réseaux politiques".

"Les actions menées par les uns et les autres (ministres chargés de l'écologie, ndlr) ont toujours été dans la sphère que chaque gouvernement acceptait de concéder au ministre de l'environnement. Cela n'a jamais touché sur les réformes essentielles. Là où Nicolas Hulot a absolument raison, c'est qu'on est aujourd'hui à un tel degré d'urgence qu'il y a des changements de fond qu'il faut faire", a-t-elle poursuivi.

Et de regretter ainsi qu'Emmanuel Macron soit "bien capable de s'attaquer à des changements fondamentaux", notamment sur les "questions sociales", sans pour autant "s'attaquer à des questions fondamentales sur la production ou l'énergie, pour aller vers un autre système".

Louis Dubouis