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Ces ministres qui veulent prendre le large

Jean-Yves Le Drian et Laurent Fabius le 29 avril 2015.

Jean-Yves Le Drian et Laurent Fabius le 29 avril 2015. - Stéphane de Sakutin - AFP

Ils sont membres du gouvernement, mais pour combien de temps encore? Certains ministres semblent déjà penser à leur départ. François Hollande, lui, envisage un remaniement après les régionales.

Entre la mairie de Dijon et le ministère du Travail, François Rebsamen a choisi. A la mort de son ancien premier adjoint, élu à sa place lors de son départ au gouvernement, François Rebsamen a décidé de revenir en Bourgogne. S'il avait exprimé le désir de cumuler son activité de maire avec celle de ministre, la règle de non-cumul de mandat édictée par François Hollande l'en a empêché. L'intéressé a dû choisir: le voilà redevenu maire PS d'une grande ville… et ancien ministre.

Faut-il y voir le début d'une vague de départs au sein du gouvernement? Si François Rebsamen avait tenté, en vain, de conserver son portefeuille, d'autres envisagent de le quitter pour un nouveau départ.

Laurent Fabius pourrait être dans ce cas. Le ministre des Affaires étrangères est pressenti pour prendre la tête du Conseil constitutionnel à la place de Jean-Louis Debré. Un départ qui ne devrait pas intervenir avant la fin de l'année, puisque Laurent Fabius doit présider le sommet pour le climat, la COP21 qui se tiendra à Paris en décembre, et pour lequel il s'est beaucoup investi.

Sapin et Le Drian, possibles partants

Il pourrait ne pas être le seul à quitter le gouvernement pour rejoindre les Sages. A la mi-septembre, Michel Sapin faisait savoir lui aussi son intérêt pour le Conseil constitutionnel. "C'est une conversation qu'on aura" avec le président de la République, a-t-il confié à L'Obs. Son poste de ministre des Finances ne lui conviendrait-il pas? Dans l'hebdomadaire, un habitué de Solferino confie que "parfois, on se demande si son job l'intéresse".

Les élections régionales pourraient elles aussi marquer le départ d'un proche de François Hollande. Jean-Yves Le Drian n'a pas encore déclaré sa candidature, mais le ministre de la Défense s'intéresse de près à la région Bretagne, qu'il avait dirigée de 2004 à 2012.

Seulement cette fois, François Hollande pourrait s'opposer à son départ. Jean-Yves Le Drian est un fidèle du président, sa cote de popularité est bonne, et intéressante pour un chef de l'Etat qui souhaite un gouvernement de campagne en vue de la présidentielle de 2017. Alors, pour garder près de lui son ministre, il réfléchit à un statut spécial qui lui permettrait de présider la région après 2017. S'il renonçait malgré tout à son poste au gouvernement, Jean-Yves Le Drian rejoindrait les nombreux ministres qui ne sont pas allés au bout d'une mandature. Depuis vingt ans, seuls huit l'ont fait.